Image en tête d’article: Erin Hawksworth, ex-présentatrice de CNN & Vylana Marcus, épouse d’Aubrey Marcus, dont il va être question ici.
Les psychonautes aiment bien dire que les psychédéliques nous libèrent de nos préjugés socio-culturels, qu’ils nous libèrent des « programmes » ou structures sociétaux (mysogynie, patriarcat, libéralisme, tout ça… ; voir par exemple cet article de Vice ).
Il est donc curieux de constater que les plus grosses chaînes youtubes/podcast de psychonautes, les plus populaires parmi les psychonautes, respectent à merveille ces « programmes ».
Ce qui me mène à me demander : qui a les moyens de s’informer ? De se former ? De devenir une source d’information et d’inspiration pour les explorateurs de la conscience ? D’acheter de gros micros ? Une bonne caméra ? D’aller chez le coiffeur une fois par mois?
Non, ça n’a pas rien à voir avec les premières phrases de ce texte.
Personnellement, j’ai un petit revenu : l’Allocation Adulte Handicapé, que je cumule en partie avec un petit salaire de femme de ménage à temps très partiel. Je comprends que cela ne fasse rêver personne, en dépit du fait que je sois capable d’utiliser le subjonctif. Qui croit encore au charme de la grammaire, à l’heure où chacun est invité à la réinventer à sa guise?
En d’autres terme, je n’ai pas les moyens d’investir dans mon image, dans un home studio ou que sais-je.
Je considère aussi que j’ai un revenu de base, prodigué par la communauté et, quand bien même il ne s’agit que d’une compensation de mon handicap, et que je ne dois rien à personne en échange (si ce n’est des comptes à la CAF et aux Impôts), je considère à titre personnel que je me dois de « rendre » quelque chose à la communauté en échange de ce qu’elle me donne, sous une forme ou une autre, et j’ai choisi de rendre de mon temps et de mon énergie sous la forme de blogs, c’est à dire de contenu, plutôt que sous la forme d’une coupe chez un bon visagiste et un décor façon Ikea, c’est à dire d’image.
Mes besoins financiers de base sont satisfaits. Comme tout le monde, avoir plus, toujours plus, ne serait pas de refus, mais avoir d’avantage nécessiterait des compétences que je n’ai pas (en vente, en communication, en marketting, en cirage, en taille de soutien-gorge…).
J’écoute aussi beaucoup de gens comme Jean-Marc Jancovici qui nous expliquent en long en large que la décroissance, tout le monde va devoir y passer dans les années à venir, qu’on le veuille ou pas, que cela soit décidé par chacun, organisé par les pouvoirs publics ou le résultats d’un effondrement sévère de nos institutions par absence de prévoyance et d’organisation. Je trouve donc rationnel de m’entraîner à décroître et à me contenter de peu, sans faire surchauffer les data center avec des gros plans bien nets sur mon décolleté.
Si vous trouvez que je suis pauvre par rapport à vous, votre niveau de vie finira par se rapprocher du mien dans un avenir proche.
Si vous êtes plus pauvre que moi, je suis désolée, ça risque de s’aggraver.
Si vous ne réfléchissez jamais à tout cela et que cela vous soûle je suppose que vous n’êtes pas un psychonaute chevronné ? 😉
La situation de tout le monde va très probablement se dégrader dans les années à venir et même nos élites, à termes, devront renoncer à leurs trajets en jets privés, faute de pétrole.
Préparez-vous, mieux qu’eux, de préférence.
Via mes blogs, je m’efforce d’offrir un soutien pratico-pratique aux plus pauvres d’entre nous en diffusant de l’information gratuite propice à d’avantage d’autonomie et de souveraineté.
Environ 9,3 millions de français vivaient en-dessous du seuil de pauvreté en 2018. Cela a probablement augmenté depuis. Mon travail s’adresse à cette vaste portion de la population, pas à une élite, quoi que lorsqu’on m’apprend qu’un pharmacien me lit, cela me fasse plaisir.
D’autres personnes préfèrent s’adresser à des publics plus favorisés et monnayer leur coaching à 1000 euros par mois. Bien. Pourquoi pas, s’il s’agit d’un coaching de qualité. Après tout, former les plus favorisés pourrait avoir des effets particulièrement vertueux. Ce sont par exemple les plus aisées qui ont le plus de moyens pour acheter des forêts, et les préserver de la monoculture de résineux.
Par contre, le fait que, au sein d’une communauté qui se dit plus « consciente » que la moyenne, les temps de paroles semblent répartis selon des critères socio-économiques, des critères d’âge et même de look dignes de CNN, je trouve que cela peut contribuer à biaiser la pensée de chacun, à entretenir les plus mauvais penchants de notre société et de chaque individu, et je crois que cela mérite d’être mis en lumière.
Je donne ici un exemple de ce dont je parle.
Êtes-vous comme Aubrey Marcus, qui semble estimer que les femmes jeunes et sexy méritent d’avantage d’être écoutées que les autres ?
Aubrey Marcus est un « influenceur » qui aime bien parler de psychédéliques, de sexe et qui a un peu de mal à pratiquer la parité.
Son contenu est un bon exemple de ce qui « vend », de ce qui permet de « réussir », de ce qui « fait sérieux » et de ce qui façonne votre pensée.
Pour démonstration, j’ai réalisée une petite statistique très amateur (réalisée début décembre 2022), sur la base des 104 vidéos les plus récentes d’Aubrey Marcus.
Sincèrement, quand j’ai commencé à compter, je ne m’attendais pas à ce que le résultat soit aussi mauvais.
Bien entendu, tout le monde peut être brillant et éclairé, y compris les business man et business woman jeunes et sexy. Le problème n’est pas que ces personnes prennent la parole, c’est qu’ils la monopolisent, et pas seulement parce que les mr et mme tout le monde le leur permettent en leur offrant généreusement attention et admiration, mais parce qu’ils entretiennent activement leur monopole. Ils se cooptent, se valident mutuellement, se décrètent « medicine man » ou « medicine woman », Aubrey Marcus le répète, et s’il l’a déclaré, c’est que ce doit être vrai.
Vylana Marcus (image en tête d’article) parle de « sororité », c’est beau (ici, minute 18’30), mais de quoi parle-t-elle exactement, concrètement ? Je crois que ça a un peu de mal à percer à l’écran, du moins dans les podcasts de son mari. On ne la voit parler qu’à des jeunes femmes qui lui ressemblent, toujours les mêmes.
Ah, mais, suis-je bête ! peut-être tout cela n’est-il pas une question de sexe, mais de masculin et de féminin ? Et donc, puisqu’un homme peut être féminin et une femme masculine…. Fuck la parité ?
« For too long, culture has diminished, desecrated, violated, censored, and suppressed feminine energy, regardless of the gender that it shows up in. » (Aubrey Marcus, dans description de cette vidéo).
Décidément, il y a toujours une bonne raison de ne pas écouter d’avantage les femmes, toutes les femmes, et pas seulement celles qui savent brosser le « masculin » et ses attributs dans le sens du poil.
Statistique:

Résultat, total :
17×8= 104 vidéos
91 invités en tout (entretiens avec 1, 2, 3 invités, dont certains récurrents).
75 invités masculins
4 Femmes Non-Sexy
12 femmes invités une seule fois.
4 Femmes invitées récurrentes, jeunes et sexy, qui aiment bien parler de sexe (Vylana Marcus, Blu, Azrya Bequer, Caitlyn Howe)
Donc seulement 16 femmes en tout.
Détails :
8 vidéos, 7 invités, dont 4 femmes (4F) : Kristina Kincaid, théologienne, sexy (S), parle d’énergie sexuelle, Vylana Marcus, Blu, Vandana Shiva. De ces 4 femmes, seule Vandana Shiva est une femme qui ne rentre pas dans la case « jeune et sexy qui soigne son look et qui parle de sexe » = 1 femme « Non-Sexy » (FNS)
= 3FS + 1FNS = 4F
8 vidéos, 8 invités, dont 2 femmes : Vylana Marcus, Laurel Airica.
= 1F + 1FNS = 2F
8 vidéos, 6 invités, dont 1 femme : Caitlyn Howe, poète et guide,
= 1FS
8 vidéos, 6 invités,
= 0F.
8 vidéos, 7 invités, dont 2 femmes : Blu et le Dr Kelly Brogan (médecin), super sexy, diffuse des clips de ses sessions de pole dance (super sexy, voir franchement « sexe »), un de mes médecins alternatifs préférés (ceci n’est pas un sarcasme, du temps où je l’ai découverte il y a environ 10 ans, elle ne faisait pas de pole dance).
= 2FS
8 vidéos, 10 invités (+ 1 homme déjà compté plus haut), dont 3 femmes : Heather Heying, biologiste, Emily Fletcher, sexy, parle de sexe, et Azrya Bequer, parle de relation amoureuse, de sexe…
= 2FS + 1 FNS = 3F
8 vidéos, 9 invités, dont 2 femmes : Dr Molly Maloof (médecin), sexy, parle du système de santé, de sexe…, et Caitlyn Howe
= 2FS
8 vidéos, 9 invités, dont Hellé Weston, Dr Aditi Bhargava , Brianne Dressen, victime sexy d’effets secondaires du vaccins pfizzer.
= 2FS + 1FNS = 3F
8 vidéos, 8 invités, dont 2 femmes : Vylana Marcus, Caitlyn Howe
= 2FS
8 vidéos, 5 invités (+ 2 hommes déjà comptés plus haut), dont 2 femmes : Blu et Azrya Bequer
= 2FS = 2F
8 vidéos, 8 invités, dont 2 femmes qui parlent de sexe : Layla Martin, Vylana Marcus
= 2FS = 2F
8 vidéos, 7 invités (+1 homme déjà compté plus haut)
= 0F
8 vidéos, 6 invités (+ 2 hommes déjà comptés plus haut), dont 1 femme : Anya Fernald, entrepreneur dans le domaine de l’agriculture bio, de la slow food…
= 1FS