Décoction et microdosing d’amanite tue-mouche – recette d’Amanita Dreamer

L’effet des benzo, sans les benzo, ni les effets secondaires des benzos, et en toute autonomie, serait-ce possible?!
Merci beaucoup à Amanita Dreamer pour tout son travail de recherche, sa pédagogie, ses expérimentations et pour oser partager tout ça avec nous!

Ce texte vise à réduire les risques auxquels s’exposent les personnes qui souhaitent consommer l’Amanite tue-mouche.
Ce texte est en grande partie une traduction et une adaptation d’informations qu’on peut trouver en anglais sur la chaîne de l’américaine Amanita Dreamer, entre autre dans sa vidéo « How to prepare Amanita muscaria Fly Agaric ».

Récolter ou acheter de l’amanite tue-mouche, aussi appelée Amanita Muscaria (AM) pour la préparer en décoction (ou autrement) est légal en France.

Voir aussi mes autres articles sur le sujet:
Amanite tue-mouche et législation
L’amanite tue-mouche et sa détoxification

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Avant-propos

Composition, en bref: Les principales substances actives de l’amanite tue-mouche sont le muscimol et l’acide iboténique.
Le muscimol est un agoniste (activateur) des récepteurs GABA (effet sédatif, anxiolytique). Le muscimol a haute dose peut entraîner un sommeil profond, voir un coma, d’où l’intérêt des microdoses (effet médicinal, sans effet adverse sévère).
L’acide iboténique est un agoniste des récepteurs à glutamate (stimulant, excitotoxique), que le corps peut détoxifier et convertir en muscimol dans une certaine mesure. A haute dose, les capacités de détoxification du corps sont dépassées et l’acide iboténique devient donc toxique (nausées, vomissements…), d’où l’intérêt de la microdose, qui permet de bénéficier des effets du muscimol, sans avoir à pâtir des effets d’une surdose d’acide iboténique.
Le centre antipoison belge affirme que même en cas de surdose, la « guérison » survient « en 12 à 24h ».
Certaines personnes réagissent plus que d’autres à l’amanite tue-mouche, certaines personnes apparemment pas du tout. Si l’amanite tue-mouche ne vous fait aucun effet, n’en déduisez surtout pas qu’elle ne fera aucun effet à votre voisin!!!!

L’histoire d’Amanita Dreamer: Amanita Dreamer est américaine, elle a une formation universitaire scientifique, elle est capable de lire des publications scientifiques (voir sa page facebook, sur laquelle est poste les publications sur lesquelles elle se base), elle est autiste Asperger. Voir sa vidéo Who are you? Q& A for Amanita Dreamer. Après avoir obtenu l’équivalent de 2 licences (sciences de l’éducation, avec une spécialisation en sciences), tout en ayant suffisamment étudié pour pouvoir en passer 4 (elle n’avait pas assez d’argent pour passer tous les examens finaux), elle a été prof de sciences en lycée, puis elle a passé encore environ 2 ans à l’université, à étudier la physique et la chimie. Par la suite, elle a fait l’école à la maison à ses enfants et a été auteure de livres éducatifs pour professeurs (essentiellement sur le thème de la chimie).
Elle raconte que le microdosing d’AM lui a permis de se guérir de son addiction aux benzodiazépines. Voir sa vidéo How I got off benzos and healed my brain.
Elle prenait des benzos pour traiter des troubles anxieux sévères très invalidants. Cela faisait plusieurs années qu’elle cherchait à décrocher de son traitement, qui lui causait des troubles cognitifs sévères. Son médecin lui avait fait tester un tas d’autres alternatives, elle avait commencé à diminuer les doses de benzo , et le « manque » de benzo lui causaient des troubles sévères (spasmes musculaires sévères, retour des crises de panique…). Elle avait « replongé » une fois, puis deux, puis trois, puis quatre… Elle s’est acharnée à décrocher pendant 4 ans. Elle a fini par se lancer dans une cure de détox « extrême » chez elle. Elle a survécu en ermite pendant 5 mois, en passant le plus clair de son temps assise sur sa terrasse, endurant seule les symptômes du manque. Arrivée au mois d’octobre, avec une forte envie de se suicider, tant elle n’était toujours pas sortie d’affaire, elle a eu l’idée de faire une promenade en forêt, juste à côté de chez elle, et elle est tombée sur des amanites tue-mouche. Elle en a ramené chez elle, fascinée par leur beauté, elle a fait des recherches sur ce champignon, a découvert le lien entre eux et les benzo, elle s’est lancée à les faire sécher et à préparer sa première décoction, décoction dont la première dose (pas une microdose!) lui a fait tant de bien qu’elle a pu finalement arrêter les benzo du jour au lendemain, sans plus aucun effet de manque. Elle a ensuite basculé sur le microdosing d’AM, environ une fois tous les 10 jours.
En son âme et conscience, elle a fait le choix de remplacer du jour au lendemain les benzo par le microdosing d’AM et ça a marché! Elle l’a fait seule, sans suivi médical: son médecin ayant échoué à l’aider à « décrocher », son médecin lui ayant prescrit ces « médicaments » pendant des années, alors que ces médicaments n’étaient pas conçus ni approuvés pour le long terme, son médecin lui ayant prescris une substance qui commençait à la rendre invalide… Elle n’avait d’autre recours que de se débrouiller toute seule.
Elle était libre d’expérimenter, elle l’a fait.
Donc, ceci dit, si une personne qui prend des benzo ou une personne qui a une insuffisance respiratoire ou hépatique venait me demander « est-ce que je peux prendre une microdose d’AM? », je lui répondrai « je n’en sais rien! » et Amanita Dreamer répondra probablement la même chose.
Je ne suis pas médecin.
Je traduis une information dispo sur le net.
Au lecteur d’en disposer comme il le souhaite, en son âme et conscience.
Pour contacter Amanita Dreamer, on peut par exemple lui laisser un commentaire sous une de ses vidéos, ou s’inscrire sur le forum qu’elle a lancé: Amanita Research Forum.

L’ingrédient, le séchage, la décarboxilation, la détoxification: Que ce soit pour un usage récréatif ou médicinal, à la différence d’autres champignons, l’AM doit être plus ou moins détoxifié avant d’être consommé. Pour réduire les risques et préserver notre santé, on doit éviter de le manger tel quel. La recette de décoction ci-dessous est un procédé de « détoxification »: elle permet de convertir une partie de l’acide iboténique (environ 30%) en musicmol (sous l’effet de la chaleur), on parle de « décarboxylation » de l’acide iboténique en musicmol. Mais cette détoxification n’est pas totale, il reste une partie de l’acide iboténique dans la décoction.
Une partie de l’acide iboténique peut aussi être converti en muscimol sous l’action d’une substance acide (pH élevé), comme du citron. Attention, si l’on met du citron dans la décoction, cela augmente les risques qu’elle s’abîme rapidement. Il serait préférable d’ajouter le citron à chaque microdose, et le laisser agir quelque minutes avant consommation.
Ref.: la vidéo Lemon tek and amanita mushroom
Un brevet: Method for producing muscimol and/or reducing ibotenic acid from amanita tissue.
Faire sécher les AM entre 68° et 74° celsius (dans un déshydrateur) permet aussi en principe de convertir une partie de l’acide iboténique en muscimol (environ 30%). Le séchage à température ambiante (ou sur un radiateur) ne permet pas cette conversion, il permet juste la conservation du champignon, à condition que le champignon soit vraiment bien sec (« craquant ») et conservé dans un récipient hermétique. D’après Amanita Dreamer, au-dessus de 74° celsius, la chaleur détruit les principes actifs. Le séchage au four est déconseillé: l’air y circule trop mal et même à basse température, porte entrouverte, cela a tendance à cuire le champignon, plutôt qu’à le sécher. Amanita Dreamer utilise un déshydrateur « Excalibur ».
Personnellement, j’ai utilisé la méthode du radiateur.
Ref: la vidéo How to dry Amanita Muscaria.

Une partie de ma récolte de l’automne 2019 en train de sécher sur des branches, posées sur un radiateur bien chaud (éviter de laisser les champignons au contact du métal). Le séchage au soleil sur un tas de bois, par temps sec, est aussi une bonne option (pour que l’air circule bien sous le champignon).

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La recette d’Amanita Dreamer: 

Proportions:

  • 15 grammes de chapeaux séchés: Amanita Dreamer utilise des chapeaux d’AM séchés, pas les pieds, qui sont réputés contenir beaucoup moins de principes actifs. Elle conserve sa récolte dans un récipient hermétique, avec des sachets de dessicant.
    Il est possible d’utiliser des chapeaux frais, mais le grammage ne sera alors pas du tout le même!
    Amanita Dreamer prépare sa décoction avec des chapeaux de différentes tailles, parce que la teneur en principes actifs peut énormément varier en fonction de la maturité ou de la taille du champignon, mais les plus grands ne sont pas forcément les plus actifs. Utiliser des morceaux de chapeaux de différentes tailles pourrait permettre de normaliser la teneur en principes actifs de chaque décoction réalisée au fil du temps, de façon à ce que chaque décoction soit à peu près de puissance équivalente aux autres.
  • Une « tasse » d’eau filtrée (pas d’eau du robinet, afin d’éviter le chlore et autres additifs dans l’eau du robinet). L’unité de mesure de la « tasse » américaine équivaut environ à 23,5 centilitres.

Préparation:
Dans une petite casserole, mettre l’eau et les chapeaux cassés en petits morceaux.
Amener à ébullition.
A partir du moment où l’eau commence à bouillir, réduire la température du « feu » de façon à ce que l’eau soit juste frémissante (ne surtout pas laisser bouillir à gros bouillons!).
Laisser frémir 20 minutes.
Amanita Dreamer rajoute de l’eau au fur et à mesure que l’eau s’évapore, de façon à ce que la décoction fasse toujours environ 23cl.
Bien surveiller pendant 20 minutes!!!! S’assurer que l’eau ne s’évapore pas complètement, s’assurer que l’eau frémit doucement sans trop bouillir!
Si cela sent bon comme du pain en train de cuire, c’est que les choses se passent bien!
Les champignons perdent leur couleur au cours de la cuisson et l’eau devient ambrée.

Conservation:
Une fois filtrée et versée dans un récipient hermétique stérile, la décoction est d’un aspect limpide et elle peut se conserver au frigo 2 à 4 semaines.
Quand elle s’abîme, il s’y développe une sorte de dépôt cotonneux (et son goût change de façon notoire).
Pour stériliser un pot en verre, on peut le passer au lave-vaisselle (faire attention de ne pas toucher l’intérieur du pot ou du couvercle après lavage) ou bien on peut le laver à la main, le rincer, puis verser de l’eau bouillante dedans (dans le pot et le couvercle). On peut aussi stériliser la passoire qui sert à filtrer la décoction.
En filtrant, attention à ne pas trop écraser les champignons dans la passoire, de façon à éviter que de petits morceaux ne tombent dans le pot. Plus il y a de résidus dans le pot, plus la décoction risque de s’abîmer rapidement.
Dans d’autres vidéos, Amanita Dreamer explique qu’elle répartie sa décoction dans plusieurs récipients qu’elle conserve au congélateur et qu’elle décongèle au fur et à mesure de ses besoins.

Dosage: 
La microdose utilisée par Amanita Dreamer est en général de 1/8ème de cuillère à café, prise une fois tous les 10 jours environ, en fonction de ses besoins.
On peut commencer par un soir sur deux et adapter la fréquence des prises en fonction des effets.
Si une microdose légère est de 1/8ème de cuillère à café, une microdose moyenne sera de 1/4 de cuillère à café, et une microdose forte sera de 1/2 cuillère à café.
Ce qui signifie qu’une seule cuillère à café de cette décoction peut servir de dose « récréative », potentiellement relativement violente.
Un des effets les plus désorientant de l’AM est la « boucle temporelle » (« time loop »): pendant plusieurs minutes, on peut se retrouver à répéter sans arrêt le même geste, les même mots, comme un disque rayé. Si on fait tomber son téléphone portable, qu’on le ramasse, qu’on le refait tomber, qu’on le ramasse, qu’on le refait tomber, etc…, et ça sans pouvoir s’arrêter pendant 10 minutes, en public, on comprend aisément que ça peut causer des problèmes.
Le dosage dépend de la puissance des champignons, et leur puissance dépend de la zone où ils ont poussé, de leur sous-espèce, de leur maturité…. Autrement dit, la dose est toujours à adapter en fonction de la puissance de la décoction, qui sera à évaluer prudemment par la personne qui l’aura préparée!!!
Selon moi, la puissance de chaque décoction serait à évaluer prudemment, même au bout de la 5ème, de la 10ème, de la 100ème!!!!
Exemple: si 1/8ème de cuillère à café ne produit aucun effet au bout de 2h, on peut alors essayer d’en prendre 1/4 de cuillère à café. Si 1/4 de cuillère à café ne produit aucun effet au bout de 2h, on peut tenter d’en prendre 1/2, etc…

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Mon expérience personnelle

Pourquoi j’utilise l’AM: essentiellement pour traiter les troubles de l’humeur de la périménopause, et aussi pour traiter les comorbidités de l’autisme. Mon autisme est une forme « légère », qu’on appelait il y a encore quelques années un « syndrome d’Asperger », diagnostiqué, avec troubles du sommeil chroniques et tendance à l’anxiété chronique, tout ça déjà traité depuis des années par une alimentation anti-inflammatoire, une bonne hygiène électromagnétique, des compléments alimentaires, etc… Troubles traités, mais non résolus à 100% et aggravés/réactivés par la périménopause, qui a débuté en 2017 (à 40 ans) et qui a déclenché des troubles de l’humeur et troubles cognitifs à partir de l’été 2018.
Le millepertuis, que j’ai commencé à prendre en juin 2019, m’avait permis de traiter les troubles de l’humeur les plus sévères (pensées morbides), ainsi qu’une part des troubles cognitifs (troubles de l’attention et de la mémoire), mais il me restait des troubles anxieux assez prononcés et des troubles de la mémoire, que l’AM a permis de solutionner. Elle améliore aussi mon sommeil et me rend un peu plus performante au niveau intellectuel.
Le milleprtuis et l’AM semblent complètement compatibles (je prends du millepertuis tous les jours, de l’AM environ 1 jour/2 ou 1 jour/3).
Attention: je ne prends aucun médicament allopathique!!!

Les effets, d’après mon expérience:
– Une microdose « légère » prise le soir permet simplement d’améliorer  le sommeil et de réduire l’anxiété.
– Une microdose moyenne permet d’améliorer le sommeil, de réduire l’anxiété, d’augmenter la vivacité des rêves, tout en me réveillant assez tôt (vers 4h du matin), et en me sentant super en forme (comme si j’avais dormi longtemps).
– Une microdose assez forte, voir « trop » forte, augmentera le nombre et la vivacité des rêves, jusqu’à pouvoir provoquer des cauchemars ou des phénomènes de type paralysie du sommeil. Le lendemain de la prise sera susceptible d’être un peu difficile, avec la tête un peu « dans le pâté », comme après un léger abus de plantes sédatives (de type sirop de coquelicot)!
Attention à expérimenter prudemment!
« Better be safe than sorry!! » (mieux vaut être en sécurité que malheureux)!!
Globalement, après 6 mois de microdosing, je peux dire que cela me donne la sensation d’avoir d’avantage de courage et d’avantage de temps.

Personnalisation: 


Dans le but d’expérimenter le plus prudemment possible et de préserver mon stock d’AM (réduire les risques qu’une décoction faite avec 15g s’abîme trop vite et que je doive en jeter), je réalise mes décoctions avec beaucoup moins de champignon et moins d’eau qu’Amanita Dreamer.
Fin octobre 2019, j’ai réalisé ma première décoction avec 2g de chapeau séché, et 10cl d’eau, avec un couvercle en partie sur la casserole (Amanita Dreamer n’utilise pas de couvercle!). Je n’ai pas rajouté d’eau au fur et à mesure qu’elle s’évaporait pendant la cuisson, aussi j’ai obtenu au final une décoction d’environ 5cl.

Mini pot à confiture d’environ 4cl et boule à thé pour filtrer.

J’en prenais 1 cuillère à café, un soir sur deux.
Au bout de trois mois, cette dose a fini par me causer des « effets secondaires », c’est à dire une nuit pleine de rêves désagréables et une expérience proche de la paralysie du sommeil.
Aussi, j’ai simplement réduit la dose et espacé les prises.
Une de mes dernières décoctions a été préparée avec seulement 500 milligrammes de chapeau séché, et cela m’a servi pendant plus de trois semaines.
Il semble que l’effet d’une dose puisse varier avec le temps: telle dose, qui aura un effet « léger » à tel moment, est susceptible de devenir trop forte au fil des semaines, ainsi la consommation a tendance à diminuer naturellement au fil du temps (on diminue les doses, on espace d’avantage les prises).
Il est important de rester à l’écoute du corps, des rêves et du sommeil!

 

 

 

Amanite tue-mouche et législation

Le site français Drogue Info Service explique que ramasser ou acheter l’amanite tue-mouche est légal, puisqu’elle n’est pas classée comme stupéfiant, mais que « l’article L.3421-4 du Code de la Santé Publique réprime de 5 ans d’emprisonnement et d’une amende la présentation sous un jour favorable des substances présentées comme ayant les effets de substances ou plantes stupéfiantes » (voir le texte de loi sur legifrance ; voir la liste des substances classées comme stupéfiants).

Je pourrais m’arrêter là.
Oui, vous pouvez ramasser des amanites tue-mouche dans les bois et les ramener chez vous et en faire ce qui vous chante (tant que vous ne forcez personne à en consommer, tant que vous n’en consommez pas avant de prendre le volant…).
Vous pouvez même en acheter sur internet.
Vous pouvez même prendre en photo votre cueillette et la poster sur internet:

amanita-radiator2
Une partie de ma récolte de l’automne 2019 en train de sécher sur des branches, posées sur un radiateur bien chaud (éviter de laisser les champignons au contact du métal). Le séchage au soleil sur un tas de bois est aussi une bonne option (pour que l’air circule bien sous le champignon).

Là où ça devient plus compliqué, c’est quand on souhaite parler des effets de l’amanite tue-mouche, puisque l’amanite tue-mouche, ou Amanita muscaria (AM), peut potentiellement provoquer des effets hallucinogènes chez ceux qui la consomment, ce qui est un effet similaire à certains stupéfiants.
Il vaut mieux le savoir. Il vaut mieux prévenir que guérir, seulement, si on le mentionne, il est important de le faire de façon « négative »: « Bouhhhh, c’est mal, n’y touchez pas! ».

Ainsi, à titre d’illustration, il convient d’écrire des choses telles que « l’AM contient de l’acide iboténique, un agoniste des récepteurs à glutamate, il est neurotoxique (on parle aussi d’excitotoxicité, comme avec de fortes doses de glutamate de sodium, un additif alimentaire aussi surnommé « E621″), c’est dangereux d’en ingérer, n’y touchez pas! ».
Si j’écris que « l’AM contient aussi du muscimol, et que dans certaines conditions, l’acide iboténique est converti en muscimol, et que ce muscimol est un agoniste (activateur) des récepteurs GABA, et que, comme tous les agonistes des récepteurs GABA (alcool, benzodiazépines, le complément alimentaire GABA…), à dose « thérapeutique » (microdose) il a donc un effet sédatif et anxiolytique », là par contre, je tombe sous le coup de la loi, puisque je présente sous un jour favorable (« sédatif et anxiolytique ») une substance similaire à certains stupéfiants (hallucinogène).

Ce qui est embêtant, puisque les deux phrases sont correctes.
La loi nous demande donc de faire du déni de science, du déni de réalité.

Pourquoi?

En général, en France, quand on parle de choses associées de près ou de loin à des « hallucinations », que ce soit les psychoses, les stupéfiants ou le chamanisme, on obtient ce genre de réaction:

Cette image montre le docteur Michel Cymes, en train d’écouter le témoignage d’un chauffard qui roule toujours à 140km/h quand la vitesse est limitée à 50km/h, même devant les écoles, au moment de la sortie des classes….
Ah non, pardon!
Il s’agit du Dr Michel Cymes en train d’écouter le témoignage d’une psychologue-chamane (Claire Marie, témoignant dans l’émission Allô Docteur).
Voilà: halluciner ou faire quoi que ce soit qui ressemble à une hallucination, c’est mal.

Serait-ce pour cette raison qu’on prive encore souvent les malades dits « mentaux » de tous leurs droits en les enfermant dans des hôpitaux psychiatriques comme des criminels, en les privant parfois de toutes leurs possessions, de toute visite, et en leur faisant subir des « traitements » inhumains, par exemple en les laissant attachés à leur lit pendant des jours et en leur administrant pendant des années des substances psychoactives puissantes (neuroleptiques) sans leur consentement?
Ref.: Un rapport fustige les dérives des hôpitaux psychiatriques

En France, comme dans beaucoup d’autres pays, halluciner est illégal, parce que la morale occidentale considère que « c’est mal ».
La loi est basée sur la morale, pas sur la science.
Si la loi était basée sur la science, elle interdirait l’usage des drogues les plus dangereuses et régulerait l’usage des drogues les moins dangereuses, ce serait bien plus logique.
Elle prohiberait l’usage de l’alcool et du tabac et permettrait l’achat, la vente, la possession et l’usage du cannabis et des champignons psilocybe.

Ceci dit, si l’on prenait la loi au pied de la lettre, ne conviendrait-il pas d’envoyer tous les cavistes en prison? Puisqu’ils présentent sous un jour favorable, dans une jolie vitrine, en vantant ses qualités gustatives, une substance dont tout le monde connait les effets stupéfiants majeurs: l’alcool, drogue psychotrope hautement toxique et addictive, statistiquement la plus dangereuse de toutes.

harm graph
En bleu clair: les dommages causés à autrui (agressions, accidents…), en bleu foncé: les dommages causés au consommateur (accidents, maladie…).

On notera aussi que tout médecin prescrivant des benzodiazépines ou des dérivés d’opioïdes (codéine, morphine…), en les présentant à ses patients sous un jour purement favorable, c’est à dire comme un « médicament » qui soigne des douleurs (psychologiques ou physiques), un médecin qui passerait sous silence la longue liste des effets secondaires encourus, devrait aussi finir en prison, vu que ces substances sont des « stupéfiants », et c’est d’ailleurs comme ça que les USA se retrouvent avec une épidémie majeure d’overdoses de « médicaments » opioïdes (130 morts par jour, on notera que c’est nettement plus que la rougeole ou les accidents de la route).

Si autant d’américains abusent d’un produit « stupéfiant », est-ce parce qu’ils sont des êtres pervertis? Des êtres mauvais et démoniaques qui aiment faire le mal?
Une personne souffrant de troubles paranoïaques vous répondra: « Evidemment, ces gens sont tous des débauchés, s’ils ne meurent pas, ils doivent tous aller en prison! ».
Une personne  saine d’esprit, d’avantage capable de compassion et de raison, aura d’avantage tendance à supposer que si ces personnes se tournent vers des anti-douleurs c’est probablement parce qu’elles vont mal, parce qu’elles ont mal, qu’elles sont des malades à aider, pas des démons à enfermer.
Si un addict aux opioïdes cherche à traiter une douleur, ne devrait-on pas chercher à comprendre ce qui lui fait mal?
Peut-être des facteurs environnementaux méconnus par la médecine allopathique occidentale?
Peut-être une alimentation riche en blé et autres céréales pro-inflammatoires, et donc pro-douleurs (ref.: Sensibilité au gluten: les blés modernes favorisent l’inflammation)?
Peut-être leur smartphone et leur wifi (ref.: Formes cliniques du SICEM et du MCS, voir « formes myalgiques »)?

Somme toute, je vais m’efforcer de respecter la loi mieux que les cavistes et les médecins en expliquant que je souhaite essentiellement faire ici de la réduction des risques, de la prévention et de l’information concernant un usage de l’AM que la loi et les législateurs ignorent probablement: son usage en décoction, en microdose, comme présenté sur la chaîne youtube Amanita Dreamer.
De la même façon qu’une de mes tantes prends des médicaments opioïdes à dose prescrite et modérée, de la même façon que je bois de l’alcool avec modération, il est techniquement possible de faire un usage « modéré » de l’AM, en microdose. Elle n’aura alors aucun effet hallucinogène. D’après des témoignages d’utilisateurs, elle pourra alors être aussi utile qu’une infusion de pétales de coquelicot (sédatif) ou que des gélules de millepertuis (anxiolytique).

J’ajouterai aussi que le Centre Anti-poison belge explique que, si la consommation d’amanites tue-mouche (sous-entendu crue ou séchée, c’est à dire non-détoxifiée, et à haute dose, c’est à dire plusieurs chapeaux de champignons) peut entraîner des symptômes digestifs, et surtout neuropsychiques sérieux, voir sévères (allant jusqu’au coma), la guérison survient spontanément en 12 à 24h.
Oui, la « guérison ». C’est le Centre Anti-Poison belge qui l’affirme, cela signifie aucune séquelle, aucune dépendance.

Comment détoxifier l’AM? Voir L’Amanite tue-mouche et sa détoxification.

S’informer, c’est se protéger!

Quelques références:
Ibotenic acid sur ScienceDirect
Ibotenic acid sur PubChem
Monosodium Glutamate Toxic Effects and Their Implications for Human Intake: A Review
Qu’est-ce que la crise des opioïdes, qui tue 130 américains caque jour?
Crise des opiacés aux Etats-Unis: pour la première fois un laboratoire pharmaceutique sur le banc des accusés
Qu’est-ce que la crise des opioïdes, qui tue 130 américains par jour?
The role of GABA in the pathophysiology and treatment of anxiety disorders; Presynaptic inhibition by muscimol through GABAB receptors;
Method for producing muscimol and/or reducing ibotenic acid from amanita tissue ;
GABA mechanisms and sleep;
Neurotransmitters as food supplements: the effects of GABA on brain and behavior

L’Amanite tue-mouche et sa détoxification

amanite
Amanita muscaria, Jura, octobre 2016.

En Occident, l’amanite tue-mouche, ou Amanita muscaria de son nom latin, est classée parmi les champignons « toxiques », mais elle est ou a été sporadiquement consommée en tant qu’aliment par certaines communautés, dans quelques régions de Russie, d’Italie, du Japon…
« Toxique », n’est pas systématiquement synonyme de « mortel »: l
a toxicité d’une plante ou d’un champignon dépendra de plusieurs facteurs: de la quantité consommée, du type de toxine, d’éventuels mélanges de substances, du mode de consommation, de l’état de santé du consommateur, de son âge, etc… Certaines plantes sont extrêmement toxiques, au point d’être mortelle à très faible doses, d’autres provoqueront des symptômes parfois impressionnants, et pourtant seulement transitoires (passagers), et de nombreuses plantes « toxiques » ont des propriétés thérapeutiques lorsqu’elles sont utilisées à bon escient, à la bonne dose, avec une galénique (mode de préparation) bien spécifique.
Certaines plantes « toxiques » peuvent même être complètement « détoxifiées » et transformées en aliments, qui n’entraînent aucun effet secondaire.
Ainsi, des plantes et des champignons peuvent être à la fois toxiques et comestibles.
Cet article ne vise en aucun cas à encourager la consommation de quoi que ce soit, mais simplement à informer et à faire de la prévention des risques. 

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La notion de détoxification de certaines plantes se retrouve dans la médecine ayurvédique et dans la médecine traditionnelle chinoise. Cela consiste à préparer une plante d’une façon très particulière, pour en diminuer ou en annuler complètement la toxicité, afin de pouvoir bénéficier des effets thérapeutiques de certains de ses composants non-toxiques (anti-inflammatoires, anti-oxydants, antibactériens, etc…), ou bien de la substances « toxique » elle-même, qui peut être bénéfique à très faible dose (sédative, anti-spasmodique, analgésique…).

En Ayurveda, cette pratique de détoxification (et de purification) est appelée « Śodhana »:
« Śodhana : An Ayurvedic process for detoxification and modification of therapeutic activities of poisonous medicinal plants »

En médecine traditionnelle chinoise, cette détoxification est appelée « paozhi » (ou pao zhi):
Aconitum in Traditional Chinese Medicine—A valuable drug or an unpredictable risk?

L’aconite, le datura ou la pavot sont quelques unes de ces plantes toxiques qui peuvent devenir des remèdes une fois « détoxifiées ».
Quelques unes des méthodes de détoxification classiques consistent à faire tremper, ou faire bouillir ces plantes dans de l’eau, du lait, ou parfois même de l’urine de vache pendant de longues heures, voir à plusieurs reprises.

Selon la méthode de détoxification utilisée, la plante peut même devenir comestible en tant qu’aliment.
Ainsi, en hiver, le tubercule d’une certaine variété d’aconite (Aconitum carmichaelii Debeaux) est consommée quotidiennement par certains chinois de la région du Mont Taibai. Le tubercule est bouilli à feu vif à 4 reprises pendant au moins 2H (donc au minimum 8H au total), dans 4 eaux successives, et il est consommé à hauteur de 200g/jour. Il est décrit comme « réchauffant » et nourrissant:
The highly toxic Aconitum carmichaelii Debeaux as a root vegetable in the Qinling Mountains (Shaanxi, China).

Il peut en aller de même de l’Amanita muscaria (AM).
L’AM, comme la morille, est toxique quand elle crue, mais peut devenir comestible une fois correctement « détoxifiée ». Cependant, à la différence de la morille, il ne suffit pas de la poêler pour la rendre comestible.
Attention, consommée en grande quantité (quelques centaines de grammes), même cuite, la morille reste toxique!
A consommer avec modération!
Information sur la morille, sur le site du Centre Anti-Poison Belge.
Cerebellar effects after consumption of edible morels (Morchella conica, Morchella esculenta)
Can morels (Morchella sp.) induce a toxic neurological syndrome?

David Arora, un mycologue américain, a co-écrit, avec William Rubel, un plaidoyer  pour que l’AM cesse d’être classée comme « toxique » et pour qu’elle intègre la catégorie des champignons comestibles, à condition que, dans les livres de mycologie, sa description soit accompagnée de sa méthode de détoxification:
A Study of Cultural Bias in Field Guide Determinations of Mushroom Edibility Using the Iconic Mushroom, Amanita muscaria, as an Example

Mais la position d’Arora et Rubel est controversée. Debbie Veiss, dans son article Further Reflections on Amanita muscaria as an Edible Species, mentionne les quelques décès survenus suite à la consommation d’AM. Entre autres: une personne ayant ingéré 6-10 chapeaux (lyophylisés/ »freeze-dried »), et une autre « 6-7 chapeaux »,  mélangés avec d’autres drogues.
La toxicité de l’AM – due essentiellement à sa teneur en acide iboténique – peut varier fortement d’un champignon à l’autre, en fonction de son degré de maturité, de la sous-espèce, de la saison, de la zone géographique, etc…, aussi il est très difficile d’en évaluer précisément la dose susceptible d’être potentiellement mortelle, d’autant plus que, comme toute substance active, ses effets varient aussi en fonction de la personne qui la consomme: la toxicité dépend du consommateur, de son âge, de son poids, de son état de santé, de ses particularités physiologiques (polymorphismes génétiques, variations des capacités digestives,…), ou encore des « conditions d’utilisation ». En effet, puisque à une certaine dose, l’amanite tue-mouche peut provoquer un sommeil profond, voir un coma, si le consommateur est dehors, en plein hiver, le décès par hypothermie est un risque possible, alors que dans un appartement bien chauffé, le consommateur serait susceptible de s’en sortir sain et sauf, sans séquelles.
Si Debbie Veiss reconnait que la détoxification de l’AM est possible, puisque la principale toxine, l’acide iboténique, est hydrosoluble, donc facile à extraire, elle argumente qu’il serait déraisonnable de considérer ce champignon comme « comestible », d’une part parce que sa consommation en tant qu’aliment est relativement peu répandue et parce que les risques d’erreurs au cours du processus de détoxification sont trop grands, et leurs conséquences potentielles trop graves.
On a donc d’un côté Arora et Rubel, qui expliquent qu’à partir du moment où le champignon est détoxifié correctement, il devient comestible et de l’autre Debbie Weiss, qui nous informe que, non détoxifié, quelques chapeaux peuvent être mortels, et qu’il convient donc de décourager quiconque de tester la recette de détoxification, pour éviter les risques d’erreurs et d’avoir à en payer le prix.

Ce champignon est donc vraiment très « magique »: à la fois toxique et comestible, comme la racine d’aconite carmichaelii Debeaux citée plus haut.
A la fois « noir et blanc », comme il est à la fois rouge et blanc.

Il peut être utile d’expliquer ici que si certaines personnes sont susceptibles de consommer ce champignon, c’est la plupart du temps pour en expérimenter les effets hallucinogènes.
Vous aurez beau leur dire que c’est dangereux, ils voudront quand même essayer.
D’après Arora & Rubel (article cité plus haut), la dose hallucinogène est de 1 à 2 chapeaux (traditionnellement consommés séchés), ce qui peut provoquer des troubles digestifs, ou pas. Il peut être bon de citer cette dose, de façon à éviter que certaines personnes ne consomment des doses supérieures, qui seraient, elles, beaucoup plus dangereuses, et de rappeler que toute substance active devrait être testée à la façon des huiles essentielles: d’abord à petite dose (d’abord une « trace » au pli du coude pour les huiles essentielles, et par exemple 100-200 milligrammes de champignon).
Il peut être bon de citer l’exemple des mycologues qui goûtent souvent les champignons pour identification, en recrachant le morceau après l’avoir goûté (le goût fait parti des indices qui aident à l’identification formelle).
C’est une expérience que j’ai faite moi-même avec l’amanite tue-mouche, sans recracher le morceau (100-200mg d’un chapeau frais). Je l’ai fait avec un morceau de 100-200mg, je ne l’aurais pas fait avec un chapeau entier!!! Et, encore une fois, chacun réagit différemment à une dose de « toxique », en fonction de son état de santé, de son âge, de ses capacités enzymatiques…. C’est le cas pour l’amanite tue-mouche, comme c’est le cas pour l’alcool (eh oui, l’alcool est une substance « toxique »).
J’ose espérer que mes lecteurs tiennent à leur santé et à leur vie, c’est ce qu’ils ont de plus précieux!

Il y a donc ce qu’en disent les mycologues progressistes d’une part, les mycologues sceptiques d’autres part, et puis il y a les curieux qui n’en font qu’à leur tête, qui décident de tester la recette de détoxification malgré tout et qui le raconte sur leur site web, comme Hank Shaw, dans son article Eating Santa’s shrooms. La conclusion d’Hank Shaw: la recette fonctionne et c’est très bon, mais ne le faites pas!
On notera bien sûr qu’il a relativement scrupuleusement respecté la recette, et qu’il n’a en aucun cas ingéré 10 chapeaux crus ou séchés!!! Il a même soigneusement évité d’ingérer quoi que ce soit d’autre en même temps.

Dans cette vidéo: I ate Amanita muscaria mushroom with David Arora, on voit David Arora expliquer sa recette et préparer des AM pour tout un groupe.

La recette est la suivante:
– Etre sûr d’avoir identifié correctement les amanites tue-mouche!!!
– Les nettoyer sans les laver.
– Les couper en tranches (chapeau et pieds).
– Les faire bouillir dans une grande quantité d’eau, 2 fois 7 minutes à gros bouillon, dans 2 eaux différentes (les toxines sont hydrosolubles et sont dissoutes dans l’eau, sous l’effet de la chaleur).
– Les égoutter et les rincer soigneusement entre chaque cuisson (bien jeter l’eau de cuisson!).
– Les passer à la poêle.

Arora ne précise pas la proportion d’eau par rapport à la quantité de champignons, on constate simplement qu’il utilise une grande quantité d’eau pour une quantité modeste de champignons.
Hank Shaw, lui, a utilisé 1L d’eau par chapeau d’amanite tue-mouche. Il a fait bouillir ses chapeaux une première fois 15 minutes dans une eau vinaigrée et salée, les a égoutté, puis les a refait bouillir 5 minutes dans une 2ème eau.

Et puis il y a les « encore plus fortes têtes », comme le célèbre mycologue américain Paul Stamets, qui raconte dans une de ses conférences qu’il lui est arrivé de consommer des AM pour leurs effets hallucinogènes (sans préciser la dose), et il raconte même en détail son expérience suite à l’ingestion d’une omelette à l’amanite panthère non-détoxifiée, simplement poêlée (amanite panthère lyophilisée; attention: dose non précisée!!!), alors que l’amanite panthère est connue pour être une version « intensifiée » de l’amanite tue-mouche:
Paul Stamets – Psilocybin and Amanita, An Innocent Discovers the Infinite (Part 4 of 5)
Mais c’est un autre sujet….

En conclusion, en ce qui me concerne, j’ose supposer qu’une personne capable d’identifier des amanites tue-mouche, de se servir d’internet, de lire cet article jusqu’au bout, est dotée de suffisamment d’intelligence pour savoir se servir aussi, au besoin, d’une casserole, d’un verre doseur, d’une passoire et d’un minuteur.
Le lecteur est libre, ou du moins sensé l’être, dans les pays où il est légal de ramasser et/ou d’acheter des amanites tue-mouche, comme en France.