Psychédéliques & chamanisme – Parler aux esprits

Source de l’image en tête d’article: https://allthatsinteresting.com/seances

« – I know that any living soul, or any dead one, is like those radio waves, flying around in the air.
– Where ?
– In the air. That means that you do not see them, but they are there, like radio waves. Once you turn on the radio, you can pick them up. It’s like that with souls, with ayahuasca and tobacco, you can see them and hear them. »

Carlos Perez Shuma, interrogé par Jeremy Narby, dans le livre Le Serpent Cosmique, chapitre 3.

« In Amerindian ontologies, hallucinations or visions, rather than being dismissed as delusions or symbolic constructs, are recognized as means of perceptual access to physical reality. »
César Herrera, dans « Shamanic Microscopy: Cellular Souls, Microbial Spirits »

La vidéo en lien avec cet article:

Cet article est inspiré par la dernière vidéo de la chaîne Youtube de Balthazar Benadon, la Gazette de l’abîme, qui présente plusieurs théories sur la nature des entités que rencontrent les psychonautes pendant leurs expériences psychédéliques. A la 16ème minute de la vidéo, Balthazar Benadon présente trois « tendances » ou « clés de lecture » sur la nature des entités :
– la clé psychologique : les entités seraient des représentations symboliques de contenus inconscients de notre psyché.
– la clé matérialiste : les entités seraient le résultat de l’interaction entre le cerveau, le milieu socio-culturel (croyances, mythes, légendes…) et la substance psychédélique.
– la clé post-matérialiste : les entités existent dans une base d’information, dont notre propre conscience est issue.
Il me semble qu’il aurait été fondé, au moins sur un plan anthropologique, de présenter la « clé chamanique », c’est à dire la façon dont les chamanes voient les choses, et que je vais exposer ici. Il s’agit aussi de ma façon de penser.
Personnellement, comme beaucoup de chamanes, je ne parle pas d’entités mais d’esprits:

Quelques unes des choses que j’ai apprises à travers mes pratiques chamaniques, c’est que :
– Les esprits sont des personnes, de la même façon que mes voisins sont des personnes. Ce ne sont pas des morceaux de mon subconscient, quelque part dans ma tête, ni quelque part ailleurs.
Affirmer que les esprits sont des morceaux de subconscient, c’est faire de la psychologie, de la sophrologie, de l’imagination active jungienne (du psychiatre Carl Gustav Jung)…, mais ce n’est pas faire du chamanisme.
– Les esprits habitent le même monde que nous, comme l’air qu’on respire appartient à notre monde : cet air nous fait vivre, sans qu’on puisse le voir ni le toucher. Si les esprits sont parfois « ailleurs », c’est à la façon de mes voisins, qui habitent « ailleurs » dans le village et qui, parfois, partent en vacances, ailleurs, plus ou moins loin d’ici.
– Dire qu’on fait un « voyage » chamanique, ou psychédélique, quand on visualise des choses dans notre tête, c’est un peu comme de dire qu’on « voyage » quand on regarde la télévision.
– Les esprits adorent qu’on leur explique ce qui se passe, qu’on leur explique le monde, ce qu’on fait, pourquoi on le fait. Non ils ne savent pas tout, notre monde moderne leur apparaît comme un grand chaos. Leur expliquer ce qui se passe, ça leur permet de mieux comprendre ce qu’ils en perçoivent. Ils adorent comprendre et apprendre. Ce que raconte le praticien chamanisant pendant une cérémonie est destiné autant aux observateurs humains incarnés qu’aux esprits.
– Les esprits participent au monde, qu’on le veuille ou pas. Quand ils ignorent ce qui se passe, quand la situation leur apparaît chaotique, ils sont aussi démunis que nous quand on est dans une situation chaotique. Ça peut les rendre complètement abattus, démunis, les faire fuir, ou les mettre en colère, les rendre agressifs. Leur expliquer les choses, ça les rassure et ça leur donne la possibilité de s’adapter et de contribuer à ce qui se passe d’une façon plus constructive.
– Les esprits nous perçoivent entre autres à travers le bruit que nous faisons, aussi ils sont très sensibles à ce qu’on dit à voix haute, ou au moins en murmurant.
– Les esprits ont du mal à comprendre notre monde uniquement sur la base du chant des tronçonneuses, des abatteuses et du CAC 40, mais ça ne signifie pas pour autant qu’ils sont stupides.
Ils ne suffit pas de leur expliquer pourquoi on fait quelque chose de nocif, pour qu’ils se mettent à approuver cette chose. Par exemple, il ne suffit pas de leur dire « Bon , on va raser cette forêt de feuillus pour la remplacer par de la monoculture de sapins, on vous promet que ça va bien se passer, qu’on ne fera pas de dégâts et que c’est bon pour l’eau et pour la faune et tout ça, alors restez calme, hein ! ».
– Quand on a un soucis et qu’on souhaite prier pour demander de l’aide, on peut par exemple faire appel aux « esprits bienveillant », leur expliquer à voix haute la situation qui nous pose problème, le faire aussi calmement et succinctement que possible, puis on leur demande de nous aider.

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