Ramasser, faire sécher, conserver l’amanite tue-mouche

L’automne dernier, l’un de mes contacts facebook m’a gentiment envoyé des amanites qu’il avait récoltées et faites sécher.
Quand elles sont arrivées, elles étaient un peu molles, elles avaient commencé à s’abîmer pendant le voyage.
L’exercice du séchage et de la conservation n’est pas si simple… Je regroupe donc ici quelques conseils pratiques pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans la récolte et la conservation de l’amanite.
Si vous vous intéressez à l’autonomie alimentaire, à la souveraineté en matière de santé, à la colapsologie…, j’estime que les amanites tue-mouche devraient figurer en bonne place dans toutes les armoires à pharmacie des « preppers » (ceux qui se préparent à l’effondrement), en tant qu’anxiolytique et sédatif (en décoction ou teinture, par voie interne) et anti-douleur (en teinture, par voie externe).
Plus de détails sur les propriétés de l’amanite tue-mouche dans le livre Fly Agaric, édité et co-écrit par Kevin Feeney.
Pour lire quelques extraits de ce livre traduits en français, voir cet article: L’amanite tue-mouche, le livre.

Ramasser :

1°, avant tout, être sûr de l’identification !!!

Si les amanites poussent à foison, on peut se permettre de ramasser uniquement les meilleures, les plus puissantes, c’est à dire celles qui ne sont pas encore bien épanouies, celles dont le chapeau forme un U renversé. Plus l’amanite « mâture », plus elle s’épanouit en forme de soucoupe ou d’assiette, plus elle perd en puissance.:

Livre « Fly Agaric », page 13.

D’après Amanita Dreamer, les amanites qui poussent les premières, en début de saison, seraient les plus puissantes.
Le pied est souvent véreux et il contient peu de principes actifs, donc le plus simple est de le laisser sur place, de ne prendre que les chapeaux.
Si le pieds est véreux, il est possible que les vers aient contaminé le chapeau (ils s’installent d’abord dans le bas du pied, puis remontent progressivement vers le chapeau) : regarder entre les lames (sous le chapeau) pour voir s’il y a des petits vers blancs. S’il y en a peu, on peut les enlever.
Si on peine à trouver des amanites, on peut en être réduit à récolter même celles qui sont un peu véreuses. On peut découper le cœur du chapeau contaminé et garder les bords s’ils sont encore sains. Avoir un bon couteau dans la poche est donc recommandé.
Pour transporter la récolte, on peut mettre les chapeaux dans du papiers kraft (par exemple les sachets en papier pour fruits et légumes qu’on trouve sur les marchés ou en magasins bio), ou dans un panier avec du journal dans le fond.

Nettoyer :
A la maison, avec la pointe d’un couteau, on enlève simplement les débris, les brindilles, la terre…
On ne lave surtout pas les chapeaux !! Si on les lave, le séchage va être plus long et laborieux et l’association humidité + chaleur pourrait même commencer à dégrader les principes actifs, or le but du jeu est de les conserver au mieux.

Séchage :
Selon les sources de chaleur dont on dispose, il va s’agir de trouver le moyen de placer les amanites au-dessus de la source de chaleur de façon à ce qu’elles sèchent sans cuire ni griller.

Il y a la méthode des branches posées sur un radiateur :

Une partie de ma récolte de l’automne 2019 en train de sécher sur des branches, posées sur un radiateur bien chaud (éviter de laisser les champignons au contact du métal). Le séchage au soleil sur un tas de bois est aussi une bonne option (pour que l’air circule bien sous le champignon).

Il y a la méthode du panier posé sur des briques « chauffeuses » (celles qu’on met au fond du lit, le soir, en hiver), posées sur un poêle :

Ma récolte de 2021, les dernières amanites de la saison: beaucoup ont dû être découpées car partiellement véreuses.

Il faut trouver la bonne distance entre la source de chaleur et le champignon, de façon à ce qu’il sèche sans roussir !
Il y a aussi la méthode du déshydrateur…
Pour un séchage optimum, il s’agit d’éviter d’entasser les chapeaux les uns sur les autres. Ils rétrécissent au fur et à mesure qu’ils sèchent, ce qui fait de la place pour la récolte suivante.
Essayer de faire sécher les amanites au four est très déconseillé, même à très basse température, même porte du four entrouverte. Les risques de cuir le champignon plutôt que de le sécher sont élevés.

D’après Amanita Dreamer, la température qui permet de décarboxyler une partie de l’acide iboténique en mucimol est de 68 à 74° Celsius.
D’après elle, au-dessus, les principes actifs se dégradent, en-dessous de cette température, la décarboxylation ne se produit pas. Personnellement, qu’il reste une bonne partie de l’acide iboténique ne me pose pas de problème. En microdose, un jour ou un soir sur deux (ou un sur trois), l’effet stimulant de l’acide iboténique peut être appréciable (boost de la créativité, amélioration des fonctions cognitives/exécutives, réduction du trouble déficitaire de l’attention/TDA).
Je suppose que dans un champignon séché, au fil des mois, l’acide iboténique se dégrade probablement lentement en muscimol et le champignon perd lentement son effet « stimulant »/énergisant.

Info bonus: la méthode de séchage de l’amanite peut être adoptée pour sécher les champignons psilocybe (mais, attention, leur cueillette est interdite en France).
Pour faire sécher des sclérotes psilocybe, voir cet article: Comment faire sécher des truffes magiques

Conservation :
Une fois qu’ils sont bien secs (craquants), placer les chapeaux dans un récipient hermétique, comme un bocal à confiture ou un Tupperware, avec un ou plusieurs sachets de dessicant et placer le récipient à l’abri de la lumière.
L’amanite doit rester craquante pour bien se conserver.
L’humidité et l’oxygène dégradent progressivement les principes actifs.
Un champignon même bien conservé va progressivement perdre en puissance au fil des mois, mais s’il est bien conservé, il peut tout de même rester plus ou moins actif pendant plus d’un an.
Pour bénéficier des effets sédatifs et anxiolytiques de l’amanite tue-mouche, une dose efficace d’un champignon fraîchement séché et bien puissant peut être de 100mg (sec). On pourra avoir besoin de multiplier cette dose environ par 2 ou 3 au bout de quelques mois de conservation, et environ par 5 au bout d’un an.

En cas d’envoi par la poste :
Mettre les amanites dans un récipient hermétique léger (type tupperware ou sac zippé à congélation), avec un sachet de dessicant.
Si elles ne sont pas dans un contenant hermétique, elles vont capter l’humidité ambiante pendant le transport et commencer à s’abîmer.

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