Dépression: psilocybine, antidépresseur magique?

Si on donne une dose de psilocybine à ces animaux, est-ce que ça va être la solution à leur malheur ?

Cet article est basé sur des références regroupées en bas de page. Elles valent le détour.
Cet article est partagé à des fins d’information et de réduction des risques liés à la consommation de psychédéliques.

Thème : dans les articles de presse qui mentionnent les effets anti-dépresseurs de la psilocybine, les journalistes omettent parfois d’expliquer clairement ce qu’est la thérapie assistée par psychédélique ainsi que l’importance du « set & setting », c’est à dire, en bref, l’état d’esprit de l’expérimentateur et le cadre d’utilisation de la substance, bien connu des psychonautes expérimentés. Le set & setting influence grandement les résultats obtenus avec ces substances, mais peut-être est-ce une notion difficilement compréhensible pour quelqu’un qui n’a jamais expérimenté avec ces substances ?
Je tente de détailler ici le « set & setting » des expériences scientifiques qui ont permis de démontrer l’effet antidépresseur des psychédéliques (ainsi que leur efficacité dans le traitement du stress post-traumatique, de l’addiction…).
Si vous pensez que j’ai oublié quelque chose, n’hésitez pas à le signaler en commentaire !

Introduction

Des articles de presse relaient l’information selon laquelle la psilocybine peut-être un excellent antidépresseur: en seulement une ou deux prises, elle pourrait avoir des effets durables sur le long terme.
Des personnes souffrant de dépression pourraient survoler ces articles d’un œil distrait et en conclure qu’il suffit donc de prendre un sachet ou deux de truffes psilocybe pour être débarrassé de leur dépression.
La dépression se manifeste entre autre par des fonctions intellectuelles diminuées, ainsi il se pourrait qu’un dépressif ait tendance à mal comprendre ce qu’il lit (trouble de la mémoire, de la concentration, ralentissement des fonctions intellectuelles…).
Le fait que je défende la validité de l’usage des psychédéliques en solo, sans supervision ni trip-sitter, pourrait aussi porter à confusion si ces personnes ne lisent que les titres de mes articles et une phrase ou deux par-ci par-là. Certes je défends la validité thérapeutique potentielle de l’usage solitaire, seulement je prône un usage responsable des psychédéliques, un usage qui nécessite de prendre le temps de s’informer, et donc je prends le temps de vous informer.
Si le lecteur ne prends pas le temps de lire ni de réfléchir, alors quoi faire ?
Expliquer et réexpliquer, je suppose ?
Souvent, les articles sur l’effet antidépresseur des psychédéliques précisent bien qu’il ne suffit pas de prendre un psilo comme on prend un prozac, que les effets antidépresseurs proviennent d’une synergie entre la substance et un cadre d’utilisation thérapeutique bien spécifique : la thérapie assistée par psychédélique, c’est à dire un cadre clinique, c’est à dire un « set & setting » bien spécifique.
A force de le répéter de toutes sortes de façons, peut-être cela va-t-il finir par être entendu ?!
Contrairement aux autres antidépresseurs, les effets des psychédéliques dépendent en partie de l’intention de l’utilisateur, de son état d’esprit, de tout ce qui relève de son monde intérieur (le « set »), ET du cadre d’utilisation, de tout ce qui relève de son univers extérieur (le « setting »), c’est à dire de tout l’environnement dans lequel est faite l’expérience, potentiellement au sens très large du terme : environnement relationnel, culturel, lieu, heure, bruit, lumière, température, confort physique, esthétique du lieu, etc…
A la décharge des lecteurs scrupuleux, on constate toutefois que certains articles font complètement l’impasse sur l’importance du set & setting et je trouve ça franchement atterrant. Je mets donc en garde le lecteur que certains journalistes font un travail bâclé, ce qui est très problématique, notamment en terme de prévention des risques.
Je propose ici un décryptage de quelques uns des éléments de ce set & setting expérimental et quelques suggestions d’alternatives quand on se lance dans une expérience solo, sans thérapeute, sans trip-sitter.

Le cadre expérimental, à la John Hopkins University.

Relation de confiance : le cadre expérimental, ou cadre clinique, repose largement sur la relation de confiance établie entre le patient et un ou deux thérapeutes. La création et le développement de cette relation d’aide nécessitent plusieurs séances préparatoires sans substances, puis une ou deux séances avec substances toujours en cabinet, sous la supervision du ou des thérapeutes, puis de séances d’intégration (débriefing) à nouveau sans substances. Si on appelle ça une thérapie « brève », elle est brève du point de vue du psychanalyste, qui au bout de 20 ans n’en a toujours pas fini avec son analyse (vu qu’elle est inefficace, elle n’en finit jamais). Elle est brève à la façon des thérapies cognitivo-comportementales, qui sont sensées être efficaces en l’espace de quelques mois.
Ce n’est pas plié en un « trip » de 4h.
La relation d’aide établie avec des thérapeutes au cours de plusieurs heures de dialogue bienveillant, des thérapeutes dont le niveau de compétence inspire confiance, dans un lieu qui inspire confiance (clinique, hôpital, université…), avec un protocole très encadré juridiquement et scientifiquement, avec une substance dont la dose est connue et certifiée (on connaît précisément la dose de substance active prise, ce qui n’est pas le cas avec des truffes ou champignon)… Tous ces facteurs environnementaux inspirent confiance et tendent à pouvoir influencer positivement le patient, contribuent à former une sorte de guide, de fil conducteur qui indique la direction à suivre, comme une rampe d’escalier qu’on peut suivre les yeux fermés, même dans le noir, et à laquelle on peut se raccrocher en cas de soucis.
Alternative : Par quoi remplacer ce lien ? Par une bonne relation de confiance envers soi-même et envers la substance.
Concrètement, dans le cadre de l’utilisation des psychédéliques, cela consiste à devenir soi-même compétent en matière de psychédélique et de soin envers soi-même : est-ce qu’on s’est informé très copieusement sur le sujet, pendant quelques dizaines d’heures ? Est-on capable de citer de mémoire les principales contre-indications à ces substances ? Est-ce qu’on connaît le poids d’une microdose de sclérotes psilocybe (sans effets psychédélique), d’une dose légère, d’une dose héroïque ? Est-ce que l’on connaît bien nos antécédents médicaux ? L’état de santé de nos parents et grands-parents, c’est à dire les éventuelles fragilités « psy » familiales qui sont susceptibles de nous exposer plus ou moins à des effets adverses potentiellement sévères ? Connaît-on les principaux effets sensoriels/perceptifs et principaux effets secondaires possibles ? Est-ce qu’on est capable de citer au moins le nom d’un auteur qui a écrit sur le sujet et dont on aurait écouté au moins une interview ou une conférence ? Si oui, ce seront autant d’éléments qui pourront nous permettre d’avoir confiance en ce qu’on fait une fois sous psychédélique, de façon à pouvoir nous calmer nous-mêmes, à prendre soin de nous-mêmes quand on commencera à ressentir d’éventuels effets désagréables.
Il est indispensable de pouvoir se répéter tout au long de l’expérience: « Je suis en sécurité, je fais ça pour prendre soin de moi, pour aller mieux. Oui ces effets sont bizarres, c’est normal, je savais que ça pouvait arriver, je peux me détendre et voir où ça mène ».
Si c’est la première fois de notre vie qu’on se prend en main de façon autonome, qu’on tente une « automédication », si l’on a jamais été voir un thérapeute, si l’on a jamais fait d’effort pour se prendre sérieusement en main en toute autonomie via la nutrition, la micronutrition, la phytothérapie, le sport, une pratique méditative…, si l’on a jamais lu un livre de psychologie cognitive, etc…, alors ça pourrait être une bonne idée de commencer par s’entraîner en amont de l’expérience, par exemple avec la mise en place d’une alimentation anti-inflammatoire paléo, avec la prise d’un complément alimentaire antidépresseur de base comme la vitamine D (antidépresseur avéré)…, histoire de découvrir ce que signifie « faire une expérience » en matière de santé, avant de sauter à pieds joint directement dans l’expérience potentiellement nettement plus périlleuse des psychédéliques.


L’intention, requête énoncée et entendue : Avoir une intention claire quand on prend un psychédélique tend à réduire les risques de mauvaises expériences et l’intention influence fortement le résultat obtenu, un peu comme avoir l’intention de se rendre quelque part est important quand on monte dans une voiture.
Le fait que le patient s’adresse à des thérapeutes acte le fait qu’il demande guérison.
C’est une intention et une demande forte formulée clairement et entendue par des figures d’autorité, pas juste un bout de papier avec les mots « paix et amour » griffonné dessus.
Alternative : A défaut de figures d’autorités en blouse blanche et en fonction de ses croyances, un utilisateur pourrait demander guérison, à voix haute, à son système immunitaire, à ses anges gardiens, aux esprits bienveillants, à ses ancêtres…
Si vous vous demandez ce que le système immunitaire vient faire là, peut-être auriez-vous intérêt à vous familiariser avec la physiologie humaine (le système immunitaire est notre « guérisseur ») et avec le lien entre dépression et inflammation chronique.
Quant aux « ancêtres », une dépression, comme toute maladie chronique, tend à avoir des causes génétiques, épigénétiques et environnementales (pollutions, nutrition…). Certains de nos « ancêtres », eux, sont ceux qui nous ont transmis certains de ces facteurs propices au développement d’une dépression, ainsi que les capacités de guérison qui permettent de s’en sortir.

Relaxation : Les thérapeutes présents aux côtés du patient tout au long du parcours thérapeutique ont entre autres pour rôle d’avoir un effet déstressant, apaisant, de façon à ce que le patient soit dans un état de grande relaxation pendant les séances avec substances. Un état de relaxation se traduit concrètement, entre autres, par des taux d’hormones du stress au plus bas (cortisol, adrénaline…).
Tout effet adverse ressenti et signalé par le patient peut être expliqué et dédramatisé par le ou les thérapeutes, ce qui permet au patient de rester calme et détendu, alors que s’il expérimentait les mêmes effets seuls, il serait susceptible de s’inquiéter et de voir son taux d’hormones du stress augmenter.
Quand l’utilisateur est seul, s’il n’a jamais pratiqué de façon régulière une méthode de gestion du stress comme le taï-chi, le qi-gong, le yoga, la cohérence cardiaque, la méditation, la sophrologie…, il sera susceptible de laisser la moindre petite inquiétude prendre de l’ampleur, au point que les effets de la substance seront comme bloqués par son stress ou bien la substance aura tendance à décupler le stress ressenti, à l’aggraver, ce qui pourrait aller jusqu’à la crise de panique.
Alternative : Quand on fait ce genre d’expérience seul, il est indispensable de rester axé sur la détente et la respiration.
Quoi qu’il arrive, on détend chacun de nos muscles et on respire calmement.
Observe, respire et détends-toi.
Pendant les semaines, voir les mois qu’on est sensé passer à se documenter sur les psychédéliques avant une expérience en solo réfléchie, on peut aussi mettre en place l’apprentissage d’une méthode de gestion du stress de base comme la cohérence cardiaque, via des vidéos Youtube. Il est important qu’une telle méthode devienne vraiment familière, facile, automatique, que le corps l’enregistre pour qu’il puisse l’adopter d’instinct dans les situations de stress, que ce soit dans les files d’attente au supermarché, pendant une dispute, ou pendant une expérience psychédélique.

Rester centré : Tous ces facteurs environnementaux contribuent à rappeler en permanence au patient qu’il est là pour guérison, qu’il est en sécurité, qu’il est là pour guérison, qu’il est en sécurité… Un peu comme on est censé revenir à notre position d’observateur et à notre respiration quand on médite.
Le lieu de l’expérience lui-même (Université, hôpital, cabinet de consultation…) rappelle sans cesse l’intention, ce qui peut être un « pense-bête » très utile, car sous substance, notre attention et notre mémoire fonctionnent différemment et cela peut être très déstabilisant pour quelqu’un qui n’y est pas accoutumé.
Alternative : avant une expérience, on peut préparer notre domicile en faisant un grand ménage, en faisant brûler de l’encens, en allumant une bougie, en prenant un bain, en s’habillant avec des vêtements propres et confortables, un peu comme pour une séance de yoga ou un massage. On s’assure qu’on aura une bouteille d’eau à proximité et de quoi écrire, que l’espace sera aussi peu encombré que possible, que l’accès au WC restera relativement éclairé et dégagé sans obstacles sur le chemin, qu’on aura à notre disposition des couvertures, des plaids, tout ce qu’on a de plus confortable et roudoudou et un masque ou une serviette qu’on pourra mettre sur les yeux pendant l’expérience, puisque les psilocybe ont tendance à rendre plus sensible à la lumière (et au bruit).
Préparer le lieu pour que notre corps, à travers tous nos sens, puissent percevoir qu’on se prépare pour une occasion un peu spéciale :que le lieu soit familier, et en même temps pas tout à fait comme d’habitude.

Attentes : les études cliniques qui démontrent l’efficacité des psychédéliques dans le traitement de la dépression, celles qui ont le meilleur niveau de preuve, sont des expériences en double aveugle : le patient ignore s’il prend la substance active ou un placebo et les chercheurs ignorent aussi qui prend le traitement ou pas. Le patient sait que quelque chose va peut-être se passer, ou peut-être rien.
Il sait que c’est une expérience.
Il sait que les résultats sont incertains.
On ne lui dit jamais : « Vous allez prendre cette pilule et votre dépression disparaîtra à tout jamais! ».
Ainsi, ses attentes sont mitigées.
Il sait qu’il ignore à quoi s’attendre exactement.
Il n’est pas dans la posture d’un professeur exigeant, il est dans un état d’esprit d’apprenti, curieux et humble.
Alternatives : D’après certains échanges que j’ai eu récemment avec des personnes qui avaient de grosses attentes vis à vis de leur première expérience, qui ont pris une assez forte dose de sclérotes psilocybe, sans en obtenir aucun effet net, je pense que l’utilisateur débutant aurait intérêt à se mettre dans un état d’esprit similaire pour sa première fois : éviter de s’attendre à un miracle, car non, ces substances ne sont pas des panacées qui obéissent au doigt et à l’œil et qui résolvent systématiquement tous les problèmes de tout le monde, quel que soit le problème, quel que soit le set & setting. Demandez pour ainsi dire à la substance de vous montrer ce qu’elle a à vous offrir, comment vous pourriez faire alliance et coopérer avec elle, soyez prêt à être surpris, à être déçu, à vous prendre d’éventuels coups de pieds au derrière, soyez prêt à apprendre.
On ne devient pas un bon cavalier en un cours d’équitation d’une heure.

Immuno-endocronologie et confort physique : ce sont les effets potentiellement immunomodulant des psychédéliques sérotoninergiques (qui activent certains récepteurs à la sérotonine) qui pourraient en grande partie être responsables de l’effet antidépresseur de ces substances, via une modulation de la neuroinflammation.
Vous me direz alors que cela prouve bien que c’est un effet pharmacologique qui n’a rien à voir avec le set & setting ?
Eh bien non.
Dans le corps humain, tous les « systèmes » ont tendance à s’influencer les uns les autres et génèrent des boucles de rétroactions dans tous les sens. C’est compliqué, je suis loin d’être une spécialiste du sujet et même les chercheurs dans ce domaine semblent loin de pouvoir comprendre ces interactions dans le détail, seulement quelque chose me dit qu’il se pourrait que les hormones du stress affectent la sensibilité du système sérotoninergique aux psychédéliques.
Quelqu’un qui baignerait pour ainsi dire constamment dans un gros bain de cortisol et d’adrénaline (dans ce qu’on appelle la phase d’épuisement du stress chronique), peut-être même sans s’en rendre compte tant il serait accoutumé à cet état, serait susceptible d’être beaucoup moins réceptif à ces substances que quelqu’un dont le niveau de stress serait moindre.
Alternatives : Le set & setting des expériences cliniques contribue à modérer le niveau de stress du patient pendant les semaines qui précèdent l’expérience. Pour un effet similaire, il serait vraiment capital de mettre en place un mode-de-vie « anti-stress » pendant les semaines ou les mois qui précèdent la première expérience, au moins en mettant en place la pratique d’une technique de gestion du stress, et en faisant en sorte que le setting lui-même soit aussi apaisant que possible. Si c’est votre cadre de vie qui génère une partie de votre stress au quotidien, il y a une probabilité pour qu’une expérience faite dans votre logement échoue à avoir des effets positifs, pour des causes purement environnementales (absence de beauté, bruit, problème de voisinage, pollutions électromagnétiques…).
Idem pour l’alimentation, qui peut être responsable d’une bonne partie de notre niveau d’inflammation chronique, et donc de stress, quand elle est pro-inflammatoire (aliments transformés, industriels, riches en additifs, pauvre en micronutriments essentiels, riche en sucre, en graisse trans…).
Le stress environnemental est un très vaste sujet et je ne vais pas le détailler ici.
Pour donner un exemple simple, si quand vous êtes chez vous, tout ce que vous voyez c’est le mur de la maison d’en face, aucun horizon, aucune verdure, c’est un stress environnemental pour votre corps. Vous n’en avez peut-être pas conscience, mon affirmation vous laisse peut-être très dubitatif, pourtant je mettrai ma main au feu que votre corps, lui, sait que quelque chose cloche sérieusement, qu’il n’est pas fait pour vivre dans une boîte en béton comme un cochon dans un hangar ou comme une poule en cage, et ça le stresse, car ses besoins fondamentaux sont insatisfaits, de la même façon qu’un lion en cage est stressé car, sa place, le lieu auquel il est adapté et ce dont il a besoin, c’est la savane (voir illustration en tête d’article).
Pour plus de détails sur ce sujet, je renvoie le lecteur à mon article sur le setting idéal qui décrit à quoi ressemble ce que j’estime être un environnement confortable et apaisant sur le plan physiologique, un environnement propice à une expérience psychédélique optimum, un setting qui peut en quelque sorte faire office de trip-sitter : https://psychedeliques.home.blog/2020/02/08/the-ideal-setting-the-hobbit-way/.

Efforts et engagement : les preuves des effets anti-dépresseurs des psychédéliques proviennent d’expériences cliniques faites avec des patients volontaires. Un volontaire qui postule à une expérience clinique fait l’effort de remplir un dossier, de partager honnêtement des informations personnelles avec des inconnus, passe du temps à parler avec les chercheurs, tolère de passer une sélection, des tests neuropsychologiques, de se déplacer jusqu’au lieu où se déroule l’expérience à des moments déterminés avec l’équipe de chercheurs, de s’engager à suivre un protocole relativement long de bout en bout, de s’engager à donner suite aux appels ou aux emails des chercheurs, etc…
C’est une démarche qui nécessite patience et persévérance, c’est un investissement personnel en terme de temps et d’énergie.
C’est plus long et complexe que d’acheter un produit, en boutique ou en ligne, pour le consommer chez soi sans avoir à réfléchir à tous ce que je viens de raconter.
Alternatives: La moindre des choses, pour tenter de recréer un cadre propice à une expérience psychédélique optimum, c’est de s’y investir de la même façon qu’un volontaire s’investit dans une expérience scientifique, sincèrement, en terme de temps, d’énergie et d’efforts (c’est ce que j’ai fait avant ma première expérience en solo : Trip report – Psilo en solo, ma première fois).
Une personne dépressive est susceptible d’être en burn-out, de ne plus avoir beaucoup d’énergie à disposition. Lire des articles comme les miens et comme ceux que je mets en référence ci-après lui semblera une montagne, d’où l’importance de la douceur et de la patience : un pas après l’autre. Si vous n’arrivez à lire qu’un article par jour sur le sujet, ou deux par semaine, ce sera déjà bien. Achetez un cahier, dédiez-le aux psychédéliques, prenez des notes (écrire peut aider à la mémorisation et à la compréhension) et prenez le temps de devenir capable de répondre à quelques questions de base :
Quelle est le poids d’une microdose de sclérotes psiclocybe (si les sclérotes sont de puissance moyenne) ?
Une microdose de psychédélique a-t-elle des effets clairement perceptibles ?
Quelles sont les contre-indications majeures aux psychédéliques ?
Quel est le nom de la journaliste française qui a écrit deux livres sur les psychédéliques ?
En quelle année les sclérotes psilocybe ont-elles été légalisées aux Pays-Bas ?
Les cérémonies chamaniques traditionnelles à base d’ayahuasca en Amazonie et de champignons psilocybe au Mexique sont-elles traditionnellement organisées en journée ou en soirée ?

Pour trouver des éléments de réponse à ces questions, je vous propose d’écouter ce podcast: Remettre en question ses croyances sur les psychédéliques avec Stéphanie Chayet

D’autres éléments de réponse sont ailleurs dans ce blog.

Info bonus, réduction des risques: Une petite étude basée sur un questionnaire en ligne a montré que les personnes qui avaient pris des psychédéliques à des fins récréatives avaient eu moins d’expériences négatives que les autres, ce qui signifie que prendre un psychédélique avec l’intention de passer simplement un moment agréable pourrait contribuer à réduire les risques de vivre une expérience difficile (bad trip). (réf.: Predicting Responses to Psychedelics: A Prospective Study)

Prenez soin de vous, informez-vous !

Quelques reférences (quand un article est en anglais on peut faire un clic-droit sur le corps du texte et choisir l’option « traduire en français » du navigateur):
Etudes cliniques et double-aveugle:
Psilocybin as a New Approach to Treat Depression and Anxiety in the Context of Life-Threatening Diseases—A Systematic Review and Meta-Analysis of Clinical Trials

Thérapie assistée par psychédélique :
Une publication scientifique, avec des recommandations détaillées sur le cadre clinique : Human hallucinogen research: guidelines for safety
Un article qui détaille le set & setting : La thérapie assistée par psychédéliques du point de vue du corps médical
Un article qui mentionne le set & setting (« le divan d’un psychiatre »): Les champignons halucinogènes: plus forts que le Prozac contre la dépression?
Un article qui omet toute mention du set & setting: Des champignons hallucinogènes pour redémarrer le cerveau dépressif ; à noter que la publication scientifique sur laquelle l’article est basé – Psilocybin for treatment-resistant depression: fMRI-measured brain mechanisms – cosignée par Carhart-Harris et Nutt, stars de la recherche sur les psychédéliques, ne mentionne d’ailleurs ce set & setting que d’une façon très floue et succincte : « Psilocybin with psychological support… Administered in a supportive environment, with preparatory and integrative psychological care…psilocybin with accompanying psychological support  ».

Dépression et troubles cognitifs :
Neuropsychologie des troubles des fonctions exécutives dans la dépression: une revue de la littérature
Dépression résistante, via la Fondation Fondamental

Dépression et inflammation :
Traiter l’inflammation chronique pourrait soigner les maladies psychiatriques
Dépression : quand le système immunitaire s’emballe
The Bidirectional Relationship of Depression and Inflammation: Double Trouble

Santé mentale et nutrition :
The association between diet and mood: A systematic review of current literature
Gluten Sensitivity Presenting as a Neuropsychiatric Disorder
Vidéo du Dr Raphaël Perez (pharmacien) : 5 pilliers de l’alimentation anti-inflammatoire

Dépression et vitamine D :
Conférence du Dr Guillaume Fond, psychiatre et chercheur : omega 3, vitamine D et B9 dans le traitement de la dépression

Psychédéliques et immunologie :
Psychedelics as anti-inflammatory agents
Psychedelics and immunomodulation: novel approaches and therapeutic opportunities
Psychedelics as a novel approach to treating autoimmune conditions
Psychedelic medicine: The biology underlying the persisting psychedelic effects

Stress chronique :
Du stress aigu au stress chronique: les trois phases du stress
Reconnaître les différentes formes de stress

Interractions stress – système sérotoninnergique :
Review: Serotonin by stress interaction: a susceptibility factor for the development of depression?
Corticosteroid-serotonin interactions in depression: a review of the human evidence

Santé et environnement :
Site web de la Société Française de Médecine Environnementale
Sick building syndrome
Health risks from radiofrequency radiation, including 5G, should be assessed by experts with no conflicts of interest
Threshold of radiofrequency electromagnetic field effect on human brain

Santé, environnement et psychédéliques :
The potential synergistic effects between psychedelic administration and nature contact for the improvement of mental health

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