Communauté psychédélique: où sont les punks?

Les Rick Harder (ska festif), au Bistro des Tilleuls, Annecy, décembre 2005.

Au début, je prévoyais d’écrire juste un petit article sur le sujet, et puis j’ai digressé, j’ai creusé, j’ai approfondi, j’ai précisé et me voilà avec un essai-lettre ouverte de 48 pages illustrées.

Spéciale dédicace aux plus intellos de la « communauté », qui aiment bien lire des trucs un peu plus long qu’un tweet.

C’est perso, c’est punk, c’est un peu bordélique, c’est de l’anarcho-animisme, ça compare les punks au microbiote, ça évoque Dionysos et ça plaide pour la légalisation et la régulation des psychédéliques et autres substances psychotropes.
Ce n’est pas du tout un travail d’universitaire mais ça pourrait inspirer de futurs travaux universitaires (j’écris ça vraiment très sérieusement). Je cite plein de références « sérieuses » pour le monter.

Je vous en propose ici la synthèse, qui figure en page 45.
Pour lire le reste, à vous de télécharger le PDF si ça vous chante!

— Communauté psychédélique: où sont les punks? – PDF —

Synthèse : Le punk, en critiquant sans cesse et en rejetant activement les normes de la société capitaliste – ses valeurs de dominant-dominé, ses étiquettes dans tous les sens du terme – le punk peut se montrer plus inclusif, solidaire, moderne et créatif que bien des entreprises, des universités, des familles. Il est potentiellement générateur de lien social et d’action citoyenne, là où le français moyen se contente d’être un individualiste compétiteur qui génère toujours plus de ségrégation, même sans le vouloir, campé sur ses préjugés et sa bien-pensance, eux-mêmes nourris par la désinformation de l’Etat. Là où Mr et Mme Tout Le Monde restent des spectateurs et des consommateurs figés devant un écran, le punk s’agite, tantôt hurle, tantôt diffuse sa pensée de façon souterraine, en sous-marin. Comme éternel, il semble sans cesse se détruire pour renaître un peu plus loin, et petit à petit, au fil des générations, il crée une contre-culture qui s’oppose à la société thermo-industrielle, et contribue à la miner de l’intérieur. Hier, seuls les punks pouvaient rêver à fabriquer leur propre bière et leur propre vin, aujourd’hui, même Madame Figaro en parle.
Le punk est un résistant qui combat toute une culture plus que bicentenaire, pas une armée, ainsi il préfère les actions culturelles longues durées aux actions armées éclaires. Sa pseudo violence et son nihilisme sont d’avantage des postures philosophiques et esthétiques, incarnées par des personnes souvent plus intello que le cadre moyen. Cette violence et ce nihilisme affichés sont d’avantage une couverture que des actes physiques envers la société, société elle-même anti-vie, antibiotique, qui détruit notre environnement, nos compétences, nos chances d’avenir, bien mieux qu’une armée de punks. Une armée de punks fait la fête jusqu’au bout de la nuit, pour ensuite aller travailler de bon matin en sous-marin à sa guerre culturelle, quand une armée de patrons et de propriétaires détruit chaque forêt, chaque océan, très sérieusement jusqu’à ce que tout ne soit plus qu’un désert.
Le goût du punk pour la défonce, pour l’alcool et d’autres drogues peut être vu comme une quête d’extase, propre à toute humanité, et simplement vécue et décrite avec des mots moins délicats que ceux du grand mystique ascèse, ou que du grand savant hippie.
Sa tendance à la désobéissance civile, à apprendre de façon autodidacte, sans maître ni autorité, à bricoler une culture avec des bouts de ficelles (méthode du DIY/Do It Yourself/« fais le toi-même »)…, tous ces traits de personnalité sont autant de capacités qui lui permettent de développer un ensemble de compétences insoupçonnées par le bien-pensant, que ce soit pour produire des disques, organiser des événements, ou utiliser et cultiver des substances psychotropes (psilo, cannabis…). Si Mr et Mme Tout Le Monde ignorent tout de ces compétences, c’est qu’universitaires et journalistes négligent de les répertorier, de les valoriser et de les raconter. L’universitaire préfère étudier de vieux papiers, ou rêver à un futur qui n’existe pas, il en oublie d’étudier ce qui existe ici et maintenant.
L’esprit punk n’est pas mort, il est l’archétype de l’éternel rebelle qui s’oppose à la censure, à l’uniformité, à l’enfermement dans la pensée unique. Il est un maître en régénération et en recyclage. Plus on cherche à l’étouffer, plus l’oppression est forte et systémique, plus on lui donne envie de remuer. Il est grisant car il rend libre, autant que solidaire. Il semble tendre à vouloir contaminer toutes les strates de la société avec son goût de la débrouille, son côté tapageur, son art de manier l’autonomie autant que l’ouverture : on le retrouve chez les jeunes d’Extinction Rebellion, Sea Shepherd, les néo-ruraux adeptes de permaculture et d’écocontruction et c’est encore lui qui mène des couturiers amateurs à fabriquer des masques bénévolement pour des personnels soignants en temps de pandémie, quand l’Etat, soit-disant organisé, sérieux et propre sur lui, raconte que ces masques sont inutiles, pour tenter de dissimuler son incapacité à en fournir.
Face à la désinformation de l’Etat, je suggère une propagande citoyenne.
Face à la désorganisation de l’Etat, je suggère le DIY.
Face à la si sérieuse morbidité des dirigeants, je suggère le goût de la fête.
Face à l’infantilisation de la population par l’élite, je suggère la responsabilisation de chacun.
Face à la peur, je suggère l’humour et la dérision.
Les psychédéliques naturels et le cannabis devraient être légalisés et régulés en fonction de leur degré de dangerosité avéré par la science, sur le modèle du tabac et des alcools fermentés. Ce qui pousse dans un salon, un jardin, devrait pouvoir être cultivé librement par le citoyen majeur, pour sa consommation personnelle.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s