La cérémonie et le psilo: 2ème partie

The_magic_circle,_by_John_William_Waterhouse
Le cercle magique, de John William Waterhouse.

Cet article vient en suite et complément du précédent : La cérémonie et le psilo, 1ère partie ainsi qu’en réponse à la dernière vidéo de Claude Traks et Laurène Dartillah :

Claude Traks suggère qu’on lui envoie un petit email si l’on a des techniques à lui suggérer, en plus de celles dont il parle.
Mes suggestions pourraient intéresser d’autres personnes (et elles sont un peu trop longues pour un email, je pense), donc je les partage en mode « public ».
Si vous aussi, vous avez des suggestions à me proposer, n’hésitez pas à me les transmettre !

Dans ce texte, le terme « cérémonie » fait référence à un état de conscience modifiée, ou « transe », atteint dans le cadre d’une cérémonie chamanique. Cet état de transe peut être atteint par divers moyens (respiration, tambour…), avec ou sans psychédélique (champignon/sclérotes psilocybe, peyotl, ayahuasca, iboga…).
Mise en garde : en France, l’usage des psychédéliques est prohibé.
Claude Traks fait référence au cannabis et aux champignons psilocybe. Il est préférable de rappeler qu’il est illégal de consommer ces substances en France, cependant, des gens choisissent de le faire quand même, entre autre à des fins thérapeutiques, religieuses et spirituelles. Cet article et cette vidéo ont pour but de contribuer à la réduction des risques liés à ces pratiques.
Les mises en garde complètes concernant l’usage des psychédéliques (législation, contre-indications…) sont à retrouver dans mon article La cérémonie et le psilo, 1ère partie
Faire de la réduction des risques est différent de faire de la promotion de substances. Je n’encourage personne à faire quoi que ce soit, je considère que c’est à chacun d’agir en son âme et conscience. Plus on est informé, plus on peut se protéger et prendre des décisions éclairées.
Personnellement, je souhaite pouvoir devenir un jour aussi libre que les néerlandais qui peuvent acheter des truffes psilocybe et du cannabis dans des smart/coffee shop. Les Pays-Bas ont beau tolérer ces boutiques, ils sont loin d’être un squat chaotique géant à ciel ouvert!!!

Sans aller jusqu’à vous raconter comment j’atteins un état de conscience modifiée, je vais partager ici beaucoup d’informations très personnelles concernant le « set & setting » (l’intention et le cadre) que j’utilise moi-même, ainsi que ce que je suis susceptible de faire en cérémonie.
Certaines info sont « sourcées » – avec des liens vers des publications, des livres ou vers d’autres articles qui contiennent leurs propres références – et d’autres infos sont purement d’ordre « intuitif » (croyances, intimes convictions, état actuel de ma compréhension des choses…).

Je tiens aussi à mentionner Robin Carhart-Harris, un scientifique britannique qui étudie les psychédéliques, qui en parle très bien, et qui pourtant n’en a jamais pris (ref. : I’ve never tested psychedelic drugs on myself, I probably should – psychedelics researcher). Ainsi, qu’il soit bien clair qu’il est possible de parler de psychédéliques sans prendre de « trucs pour s’envoyer en l’air » tous les week-ends !

Toute fois, à la différence de Robin Carhart-Harris, et comme le font parfois certains politiciens au sujet du cannabis, je peux tout de même dire qu’il m’est arrivé par le passé de consommer certaines substances et d’avoir certaines expériences qui me permettent aujourd’hui de penser ce que je pense et de croire ce que je crois.

Je précise aussi que je n’ai rien à vendre. Tout ce que je partage ici est partagé bénévolement, gratuitement, en licence « creative commons ». Merci simplement de mentionner mon nom si vous citez ce texte quelque part.

Préambule
La transe : tourisme ou travail ? Une « transe » est un état difficile à maîtriser. Ce n’est pas une petite séance de sophrologie sympa. La maîtrise de cet état particulier nécessite un apprentissage. En faire un outil de travail efficace demande du temps et de la persévérance.
Corinne Sombrun n’a pas appris à maîtriser la transe au tambour en 3 semaines, et, une fois la transe au tambour maîtrisée, il lui a fallu encore un long moment pour apprendre à entrer en transe sans tambour.

Le « voyage » chamanique, ce n’est pas du tourisme, c’est un « travail ». Kathleen Harrison est une des rares figures de la communauté psychédélique à mentionner souvent cette notion de « travail » (« work »), notion que j’affectionne particulièrement (voir ses interviews et conférences sur Youtube). Comme tout travail, le travail chamanique peut être exaltant, difficile, parfois fun…., mais il reste avant tout exigeant. Il nécessite discipline, effort, dévouement et même une franche abnégation.

Le travail du chamane consiste à commercer avec les esprits dans l’intérêt de sa communauté.
Il ne travaille PAS pour son petit nombril !!! Il œuvre pour le bien commun.
Pour moi, ma « communauté », c’est toute la Vie sur Terre, toute la planète, pas juste ma famille ou l’humanité.
Avec le temps, je suis devenue animiste : pour moi, toute chose créée par la nature est « vivante » et sacrée, dotée d’un « esprit », que ce soit les animaux, les montagnes, les phénomènes cosmo-telluriques, les plantes…, la planète.
Le chamanisme est indissociable de l’animisme. Une personne qui considère une peau de mouton comme un morceau de cadavre dégoûtant n’a – à mon sens, rien compris au chamanisme et – pour mieux comprendre le point de vue des esprits, elle devrait apprendre à leur parler, à communiquer, à négocier, à coopérer, à travailler avec eux. Une peau de mouton est susceptible d’être encore imprégnée de l’esprit du mouton auquel elle appartenait. Considérer cette peau comme « dégoûtante » est faire une énième offense au mouton. Elle peut permettre d’entrer en contact avec lui. Elle peut être porteuse de sa peur, de sa colère, de sa tristesse, de son plaisir à vivre en groupe… On est susceptible d’être frigorifié dans un manteau en peau dont les esprits sont en peine et, au contraire, lorsque les esprits ont été « apaisés », ils peuvent devenir de véritables coéquipiers qui nous protègent du froid et nous conseillent à leur façon (cela peut prendre du temps d’apprendre à comprendre leur point de vue, parfois très différent du notre).
On peut « libérer » l’esprit d’une peau en lui disant combien on est désolé pour les souffrances qu’il a subi, en lui expliquant qu’il est libre (un animal d’élevage n’est pas toujours conscient d’être libre), libre d’aller ou bon lui semble, par exemple de rejoindre ses ancêtres, d’aller courir dans les prés, et même libre de nous aider à œuvrer à la protection de la vie s’il le souhaite, en nous prodiguant guidance et chaleur pendant nos cérémonies. Cela s’appelle coopérer, travailler avec un esprit, œuvrer pour le bien de la communauté. La libération d’un tel esprit en peine est susceptible d’être un « mauvais moment » à passer, on est susceptible de pleurer beaucoup en ressentant toutes les émotions qu’a pu ressentir l’esprit, mais c’est cela le cœur du « travail » chamanique : ressentir, plutôt que croire (à ce sujet, voir entre autre le livre d’Henri Gougaud : « Les sept plumes de l’aigle »).
Si, pour le chamane et le « chamanisant », le mouton est un esprit, la peau de mouton est un esprit, nos ancêtres décédés sont des esprits, l’arbre dans le jardin est un esprit…, le soleil est un esprit, et s’il est possible de travailler avec l’esprit d’une peau de mouton, on en vient forcément à se demander quel travail il est possible de faire avec le soleil. Peut-être pourrait-il nous aider, avec ses vents et ses tempêtes, à nous protéger de la 5G et du déploiement des milliers de satellites de SpaceX/Space Link et autres compagnies ?!
Quelques références: conférence de Rupert Sheldrake: Is the sun conscious? ; La salutation au soleil et ses mantra ; L’appel des scientifiques contre la 5G.

Intention égocentrée ou écocentrée ? Claude Traks dit que le chamanisme vise à guérir l’âme humaine. C’est un objectif qui me semble encore trop égocentrique (anthropocentrique).
La guérison/harmonisation de soi, du corps, est nécessaire au travail chamanique – comme l’accordage d’un piano est nécessaire pour pouvoir en jouer, mais l’objectif devrait être la guérison/harmonisation de la communauté et, donc, selon moi, de toute la planète (et pas juste de l’humanité).
Un animal, un sol, un arbre…, peuvent avoir besoin de guérison, de soins.
Entre autre, la Terre est en grand manque de cérémonies de bénédiction ! Elle a autant besoin que vous déversiez votre bénédiction (« blessing », en anglais) sur elle qu’un potager a besoin d’eau en pleine canicule.

Soigner l’arbre-monde : Voir cette vidéo : Yuin Indigenous Australians unite in historic healing ceremony at Mount Gulaga.
L’être humain n’est qu’un fruit parmi d’autres sur l’arbre-monde. Avec le temps, j’en suis arrivée à la conclusion que, si l’humain est malade, c’est que l’arbre est malade. Quand des fruits poussent malades sur un arbre, on ne traite pas les fruits un par un, mais tout l’arbre ! Aucun fruit ne peut atteindre la pleine santé s’il pousse sur un arbre malade.
La guérison/harmonisation de soi est une bonne quête de départ, c’est même une nécessité, mais ce n’est qu’une étape préparatoire à la mission du chamane : œuvrer pour sa communauté au sens large, pas juste pour lui.
Le chamane n’est qu’un « outil » de guérison/harmonisation. Devenir chamane prend des années parce que la guérison, l’harmonisation du corps et de l’esprit prend des années, ce n’est pas quelque chose qui peut être atteint en l’espace de 2-3 weekends (même payés très très chers). Et c’est quelque chose qui se travaille au quotidien (sans « substance »), sur le long terme, et qui s’entretient, comme un muscle.

Héritier ou autodidacte ? Claude Traks parle de « chamanisme », je préfère utiliser le terme « chamaniser ».
Définition de « chamaniser », sur le site Universalis.fr : « en ethnologie, chanter et danser comme un chaman, mais seul et hors de toute fonction sociale ».
Un « chamane », est en général l’héritier d’une tradition, il tient son savoir d’une lignée, il est formé par un « maître » et il bénéficie de la reconnaissance de sa communauté. Il est chamane parce que sa communauté le considère comme tel et il ne pratique pas seul allongé dans le noir, comme Terence McKenna, mais debout ou assis, en public, pour un ou plusieurs « consultants », voir pour toute une tribu.
En Occident, les « lignées » ont été éradiquées, les « protocoles » traditionnels ont été perdus (ceux des Celtes, des Gaulois, etc…). En Europe, personne ne peut se targuer d’être l’héritier d’une tradition ancestrale, sauf à aller en apprendre une à l’étranger et beaucoup de gens n’ont pas les moyens de le faire.
A défaut de pouvoir devenir « chamane », on peut « pratiquer des techniques chamaniques », en autodidacte. Quand on pratique en autodidacte, on n’est alors pas « chamane », mais on « chamanise ».
Qu’on soit un « vrai » chamane, ou un autodidacte occidental, les esprits peuvent nous enseigner, ainsi que la mémoire de la Terre (ou celle de l’espèce : voir les livres, interviews et conférences de Ruppert Sheldrake sur les « Morphic Fields » ou « champs morphiques »).
Mais « Il y a des infos inaccessibles si on est là en touriste », dit Claude Traks: ça, c’est aussi ce que je pense. Les esprits enseignent en fonction de nos intentions. Si l’on souhaite juste faire des « voyages » sympa, du « tourisme » spirituel, ou si l’on souhaite juste notre petite guérison perso, certaines informations « sensibles » nous resterons cachées. Notre « degré d’accréditation » dépend de notre niveau d’expérience et aussi de notre intention, de notre dévotion à la Vie.

Le « set », ou l’intention: servir et protéger la Vie

Claude Traks dit que le chamanisme vise à « guérir l’âme humaine ». Je trouve cet objectif trop limité et égocentré, trop anthropocentré.
Il me semble qu’un certain nombre de « chamanes » à travers le monde se contentent de se soucier de leur clan, de leur tribu, éventuellement de leurs clients occidentaux, et parfois de leurs petites guéguerres d’égo avec leurs « concurrents » chamanes.
C’est ainsi qu’ils ont été formés par leurs maîtres et c’est peut-être une des plus grosses ombres au tableau du chamanisme traditionnel, ancestral.
Il y a encore peu, l’humanité ignorait que la Terre est ronde. Les chamanes ont longtemps pratiqué en ignorant qu’il existait d’autres continents. Combien de langues anciennes de peuples « premiers »/racines ont un mot ancien pour dire « planète » (dans son sens moderne d’astre sphérique) ?
En Amérique du Sud, pour les Incas, le terme « Pachamama » ne faisait pas référence à la planète entière – puisque, sauf erreur, personne n’avait conscience de l’existence d’une « planète », mais il faisait référence soit à la terre, au sol (et « Cochamama » faisait référence à l’océan), soit il faisait carrément référence, pour les Quechua, au cosmos et à tout l’espace-temps !
Quant au terme « Gaïa », si souvent utilisé dans le milieu du new-age et du néo-chamanisme, il ne fait référence à la planète que depuis les années 1970 (l’hypothèse Gaïa, du climatologue James Lovelock). C’est un nom choisi par un scientifique britannique qui ne semble pas avoir été demander directement à l’intéressée (la planète) quel est son nom, celui qu’elle portait déjà à l’époque des dinosaures.
Avait-elle seulement un nom à l’époque des dinosaures ?
Et à présent ? Est-ce que les autres planètes du système solaire lui donnent un nom ? Et quel est-il dans leur langue à elles ?!
Et vous ? Avez-vous déjà demandé à la planète quel était son nom, du temps des dinosaures ?!
Avez-vous été voir sous sa « jupe », histoire de vérifier qu’il s’agit bien d’une jupe, et pas d’un kilt ?!
Et s’il s’agissait d’un bébé-esprit, qui a besoin de sage-femmes pour venir au monde, plutôt que d’une « mama-esprit »  pleinement capable de nous enseigner ? Qu’est-ce qu’on en sait réellement ?
Bref, autant que je sache, le chamanisme traditionnel semble avoir ce gros défaut d’ignorer la communauté planétaire et c’est un travers qu’on retrouve dans le néo-chamanisme, où la plupart des pratiquants cherchent essentiellement leur propre guérison, au mieux en espérant que, par effet ricochet ou « papillon », leur guérison contribuera à celle de la communauté planétaire.
En l’état actuel de ma compréhension des choses, c’est comme si un fruit malade poussant sur un arbre malade croyait que se guérir lui-même allait guérir tout l’arbre.
Ça me semble soit naïf, soit présomptueux.
A l’heure de la sixième extinction de masse, à l’heure ou nous sommes comme sur le Titanic approchant visiblement d’un très gros iceberg, quand on est une personne souhaitant « chamaniser » pour le bien commun, est-il encore sensé de travailler uniquement à notre petite guérison personnelle ?
N’est-il pas temps de tenir des cérémonies pour la planète entière ?
Si le fruit-humain pousse malade sur l’arbre-monde, n’est-il pas sensé de chercher à soigner l’arbre entier ?
En tant qu’animiste autant qu’en tant qu’écologiste, c’est toute la Vie qui est sacrée pour moi, celle des insectes autant que celles des humains (quoi que celle des insectes semble d’avantage indispensable que celle des humains à la préservation de la biodiversité).
Aussi, je choisis toujours de mettre la Vie au cœur de mes cérémonies.
Claude Traks parle à de nombreuses reprises de la « force de la fertilité », de la « logique de la fertilité », de la « déesse », sans préciser laquelle.
Je ne comprends pas trop ce qui ressemble à une réticence à utiliser le mot « Vie », qui me semble beaucoup plus « parlant » que « fertilité ». La fertilité est une qualité, pas un sujet.
Selon que je parle de ma fertilité, ou de ma vie, ce n’est pas la même chose. Je peux être ménopausée ou bien une enfant (non-fertile), et pourtant être bien vivante !
Mais c’est une réflexion à laquelle je ne suis arrivée que relativement récemment.
Au début de ma pratique, bien sûr, je tâtonnais, je me contentais de demander « guérison » sans plus de précision. Moi aussi, j’ai eu ma phase « nombriliste ». Et puis, petit à petit, j’en suis venue à formuler la chose de façon plus précise :

« Je demande à être libérée de tout ce qui entrave la Vie en moi et autour de moi. »

L’apprentissage et la pratique de la naturopathie m’ont appris qu’on ignore souvent une large partie des facteurs qui nous rendent malades ou qui nous affaiblissent, qui nous empêchent d’atteindre notre plein potentiel. Demander à être libéré de telle ou telle entrave précise dont nous avons conscience est trop limitant : je demande à être libérée de toutes mes entraves, même de celles qui sont encore hors de mon champ de conscience.
Et désormais je souhaite passer au « niveau » supérieur et demander carrément guérison pour l’arbre-monde tout entier :

« Je demande à ce que la planète soit libérée de tout ce qui entrave la Vie en elle et autour d’elle. »

En arriverai-je à demander à ce que tout l’espace-temps soit libéré de ce qui entrave la Vie en lui ?!
Ou plutôt en elle : actuellement, dans mon lexique personnel, l’espace-temps est « Kronosia ».

On peut utiliser d’autres mots que « Vie ». Personnellement, je préfère en général l’anglais, qui sonne mieux pour moi : « Life », ou le sanskrit « Kundalini » qui sonne encore mieux.
Je pense qu’on a intérêt à s’intéresser à l’étymologie (ex.:https://www.etymonline.com/) et aux langues des régions d’où sont originaires nos ancêtres afin de trouver les « bons » mots, les plus « chargés » de sens pour notre mémoire « cellulaire » (ADN, lignée, esprit des ancêtres….). En tant qu’européenne, « caucasienne », les mots à racine proto-indo-européenne me plaisent en général beaucoup, alors que les racines latines me rebutent, d’autant que beaucoup de mots français me semblent « genrés » à l’envers. Peut-être parce que je suis une femme (une « femelle », avec un utérus, des ovaires, deux chromosomes X), je semble avoir besoin de donner un nom féminin à beaucoup de choses. Ainsi, en cérémonie, « ciel », « cercle », « feu » ou même « Uranus »…, sonnent faux, creux, comme des offenses.
Attention à la prononciation quand on utilise des mots sanskrit : en France on a tendance à dire « chakra », alors que la véritable prononciation est plus proche de « tchakra », voir de « tschakra », avec un « r » « roulé ». On peut découvrir ce genre de chose pendant une cérémonie si l’on opte pour la parole à voix haute plutôt que pour le dialogue intérieur. En cérémonie, les mots et la parole à voix haute deviennent un sonar, indispensable à l’orientation de l’action (quoi qu’il existe peut-être des pratiquants sourds et muets ? Auquel cas, ils utilisent forcément d’autres méthodes d’orientation que la voix !).

Actuellement, cette intention d’œuvrer pour la Vie en général (pas juste pour soi ou l’humanité) me semble être celle qui permet d’aller le plus loin possible, tout en restant le plus en sécurité possible (on cherche à protéger la Vie en général, donc la notre y compris!).
Elle peut servir de fondation autant à notre quotidien qu’à chaque cérémonie et, à chaque nouvelle cérémonie, il est possible d’ajouter d’autres intentions plus précises, en fonction des circonstances, en fonction de ce que l’on souhaite travailler, comprendre, améliorer…


Le setting, ou le cadre: optimiser notre « biofield »/espace/« cercle »/corps, nos capacités d’émetteur-récepteur

Le corps, en tant qu’émetteur-récepteur : J’ai une formation en naturopathie. Je m’intéresse à la physiologie, à la santé en général, à la nutrition, à l’immunopsychiatrie, à la médecine traditionnelle chinoise, à l’ayurveda, à la phytothérapie, au yoga, au taï-chi, à l’anthropologie…, ou encore à des choses plus « ésotériques » comme la magie (paganisme, wicca..), si bien que j’en arrive à constater qu’on peut utiliser différents termes pour parler au final de la même chose.
Le « cercle » des praticiens de magie, peut être rapproché du Chi de la médecine traditionnelle chinoise, du prana de l’ayurveda, de l’aura du New Age, de l’espace (« space », en anglais) des Amérindiens d’Amérique du Nord, ou encore du « champ vital » (« biofield », en anglais) des scientifiques qui étudient la physiologie sous son aspect bioélectromagnétique plutôt que biochimique.
Le terme de « cercle » est alors bien sûr impropre : il faudrait d’avantage parler de « sphère » ! Le cercle est une ligne sur un bout de papier, la sphère existe comme nous en 3D !

Notre champ vital, émis par notre corps, est constitué de champs électromagnétiques, de biophotons, d’infrasons, d’infrarouges, et peut-être d’autres phénomènes « vibratoires » encore inconnus ou méconnus. On peut les considérer comme un ensemble de phénomènes « énergétiques » subtiles (invisibles à l’œil nus, mais objectivement mesurables), influencés et calibrés par les phénomènes « énergétiques » naturels extérieurs à nous.
Notre corps capte en effet toutes sortes de phénomènes naturels autour de lui et y réagit, qu’on en soit conscient ou pas.
Quelques exemples : la lumière du soleil nous permet de synthétiser de la vitamine D, de réguler la synthèse de mélatonine et nos rythmes circadiens, c’est à dire tout notre métabolisme. L’exposition chronique à une pollution sonore (vivre près d’une voie ferrée ou d’un aéroport) augmente les risques de troubles du sommeil, de maladies cardiovasculaires, de dépression… Les pollutions électromagnétiques ont des effets biologiques, même en l’absence d’effet ionisants ou thermiques, etc…
La fonction du chamane étant de communiquer avec les esprits, d’échanger de l’information avec eux, c’est à dire d’émettre et de capter de l’énergie (énergie = information), le chamane a besoin que son corps soit « au taquet », en pleine forme afin de capter et d’émettre le plus d’information possible, le plus clairement possible.
Plus notre corps est vigoureux et harmonisé, plus notre champ vital est vigoureux et harmonisé, mieux on capte et mieux on émet.
Les psychédéliques comme les psilocybe viennent modifier ces capacités d’émetteur-récepteur. Je pense qu’ils nous rendent en particulier plus sensibles à l’onde qu’à la particule, plus sensibles aux phénomènes d’ordre « vibratoire », autrement dit aux phénomènes d’ordre « quantique ».
Quelques reférences: Biofield physiology : a framework for an emerging discipline ;  Building health : the need for electromagnetic hygiene ? ;  Infrasonic vibration in humans ; DNA is a fractal antenna in electromagnetic fields ) ; Le livre « la voie du mage », d’Arnaud Thuly.

La force de notre cercle ou champ vital dépend de l’état de santé de notre corps, qui dépend de facteurs génétiques, épigénétiques et environnementaux très variés.
Entre autre, la puissance de notre « cercle » dépend de ce que les chinois appellent le Chi céleste et le Chi terrestre (Eric Petiot en parle dans son livre « L’agriculture énergétique »), c’est à dire ce que les géophysiciens appellent les champs électromagnétiques terrestres, les rayonnements cosmiques et solaires, les courants électriques telluriques, etc…
Nous sommes « calibrés » pour fonctionner au mieux lorsque nous sommes immergés dans ces phénomènes naturels. Or, ils peuvent être dénaturés par le béton, l’asphalte, le plastique, les pollutions électromagnétiques, les fenêtres, les charpentes métalliques…
Quelques exemples : La lumière qu’on trouve dans une maison est différente de la lumière naturelle : elle est plus ou moins « filtrée » et dénaturée par le verre des fenêtres. Les courants électriques telluriques naturels présents dans le sol deviennent inexistants pour notre corps quand on en est séparé par de l’isolant électrique, comme des semelles de chaussures en plastique ou caoutchouc, de l’asphalte, du lino… Les pollutions électromagnétiques (wifi, antennes relais, smartphone, bluetooth, compteur linky, lignes électriques…) « brouillent » les informations électromagnétiques émises par la Terre. Etc…
Et ça, ce ne sont que les effets environnementaux « à distance » du corps. Il s’agit aussi de prendre en considération les facteurs environnementaux beaucoup plus proches de nous: notre alimentation, la qualité de l’eau qu’on boit, de l’air qu’on respire, les matériaux qu’on a dans les dents ou ailleurs (mercure dentaire, couronnes, implants, stérilets…), les contraceptions, les médicaments (même ceux utilisés pendant notre enfance ou adolescence, comme le roacutane, les antibiotiques, les vaccins…., qui ont pu « marquer » notre corps et sa mémoire de façon délétère)…
Pour aller plus loin : voir la géobiologie, la géophysique, le « biohacking » avec les interviews et conférences youtube du Dr Jack Kruse, http://ehs-mcs.org/ ; mes Piliers de la Vie

A jeun, pour bien digérer, sur tous les plans : lorsqu’il y a consommation de psilocybe, Claude Traks préconise de les prendre à jeun, ou avec un peu de chocolat sans sucre.
En effet, leur ingestion peut provoquer quelques symptômes digestifs transitoires (bénins), en particulier lorsqu’ils sont mélangés à un repas normal. Même lorsqu’ils sont consommés à jeun, ils peuvent induire une légère nausée, et il arrive que les consommateurs les vomissent (souvent quand ils en ont consommé une trop forte dose).
Pour éviter ces désagréments, l’idéal est non seulement de consommer les champignons à jeun, mais de préparer le système digestif en amont et de le maintenir dans une forme optimale au quotidien.
Cela a pour avantage de nous aider à « digérer » les enseignements collectés pendant la cérémonie, ainsi que les challenges du quotidien. Même en l’absence de consommation de psychédéliques, l’état de notre système digestif influence énormément l’état de notre psychisme, de notre sphère cognitive, notre capacité à apprendre et à évoluer.
Une alimentation anti-inflammatoire, d’inspiration « paléo », riche en aliments « bruts », bio, tels que nos ancêtres chasseurs-cueilleurs auraient pu les consommer et les conserver (viandes séchées, aliments fermentés/lacto-fermentés, fruits et légumes locaux et de saison…) aura en général un bon effet sur le système digestif. La consommation de certains laitages (beurre bio au lait cru, fromage de chèvre ou brebis au lait cru), tels qu’on aurait pu les trouver au début du pastoralisme peuvent être un apport intéressant de ferments (probiotiques), de graisses de qualité, de vitamines, de minéraux bien assimilables. Les laitages sont à proscrire uniquement en cas de maladie auto-immune.
Si vous avez du mal à digérer les graisses, c’est soit que vous consommez des graisses de mauvaises qualité (frites, viennoiseries, laitages pasteurisés…), soit que vous les mélangez à des fruits frais ou à des féculents (associations alimentaires inappropriées) soit que votre foie et votre vésicule biliaire ont besoin de soutien, soit les trois! Les graisses de qualité (huile d’olive et de coco bio, viandes grasses de qualité, petits poissons gras, laitages pré-cités, chocolat noir bio, un peu de fruits à coque) peuvent fournir environ 50% des apports caloriques, cela aura un effet bénéfique sur tout le corps, sans faire grossir.
On peut ajouter des cures régulières de plantes pour le foie et pour le transit afin de limiter l’inflammation intestinale et de soutenir l’élimination des déchets. Pour Claude Traks, nos chakras inférieurs seraient le lieu de nos « enfers », c’est peut-être vrai quand le système digestif doit subir les assauts d’une alimentation occidentale moderne « normale », riches en céréales pro-inflammatoires (qu’elles soient modernes ou anciennes, les céréales restent pro-inflammatoires) et en aliments industriels, et lorsqu’il est encombré de déchets et toxines variés (constipation chronique, flore intestinale déséquilibrée secrétant des toxines…).
Quelques références : Constipation: trucs et astuces ; Pour que la roue tourne ; Le mythe végétarien; le livre « Paléo Nutrition » de Julien Venesson.

Sur le long terme, mode de vie : Claude Traks recommande de faire une cérémonie tous les 28 jours. Si l’on adopte ce genre de rythme, on est alors toujours plus ou moins en train de préparer une nouvelle cérémonie. Chamaniser devient alors tout un mode de vie.
Comment se préparer le plus efficacement possible et entretenir un niveau de préparation optimum sur le long terme ?
Plus on se rapproche d’un mode de vie « physiologique », d’un environnement « naturel », plus notre santé s’améliore au quotidien, plus notre « cercle » se renforce en cérémonie.
Le mode de vie chamanique traditionnel et l’ensemble de ses techniques (en pleine nature, rituels fréquents, consommation de plantes médicinales, prière, temps passé dans la solitude, pratiques méditatives, respect de certains tabous alimentaires, respect des ancêtres…) fournit en général des conditions de vie relativement optimum afin de garder la santé bonne.
Il est possible de croiser cet art de vivre chamanique avec les données des thérapeutiques alternatives modernes afin de se constituer un ensemble de pratiques quotidiennes favorables au renforcement du champ vital.
Ainsi, opter pour un mode de vie « paléo », proche du mode de vie traditionnel des peuples premiers/racines, se protéger un maximum de toutes les pollutions artificielles modernes, s’entourer de matériaux naturels, avoir une alimentation anti-inflammatoire (sans céréales, non-véganes), s’exposer un maximum aux phénomènes énergétiques naturels (phénomènes électromagnétiques, lumière, sons et odeurs de la nature), aussi loin que possible de la « civilisation », pieds nus à même le sol naturel aussi souvent que possible (ou en chaussures plein cuir), consommer régulièrement des plantes médicinales adaptées à nos problématiques, pratiquer le yoga ou le qi-gong…. Autrement dit avoir une bonne hygiène de vie aussi « naturelle » que possible, nous permettra d’entretenir notre santé ou de l’améliorer et d’être les plus efficaces possible pendant les cérémonies.
Quelques références : le livre « Paléo Nutrition », de Julien Venesson ; If you sleep on sheep, count your lucky stars ; The Earthing Movie (extrait sous-titré en français) ; Chaussures qui permettent la connexion à la terre (earthing/grounding) ; Mes piliers de la Vie.

Dans la nature : Claude Traks recommande de pratiquer dans la nature, en extérieur.
Ok, mais c’est à dire ?
Une personne habillée de dérivés de la pétrochimie, installée sur des dérivées de la pétrochimie, équipée de tout un tas de gadgets électroniques est-elle vraiment immergée dans la « nature » originelle ?
« A la terre » : On aura beau être dans la nature, si on est emmitouflé dans du plastique (baskets, polyester, chaussures et autres vêtements en synthétique…), installé sur du plastique (tapis de sol/yoga, tapis de tente…), on restera en grande partie isolé de cette nature. Même l’élastique d’un slip en coton 100% bio peut perturber le fonctionnement des méridiens qui passent juste en-dessous.
Le sol de la terre est tout aussi « vivant » qu’un corps humain : il est parcouru de « méridiens », de courants telluriques…, de phénomènes géophysiques variés. Une simple paire de baskets peut nous couper d’une partie de cette énergie du sol, qui nourrit la notre.
Chakras inférieurs et « enfers »: Il serait grand temps de se libérer pour de vrai de la pensée judéo-chrétienne anti-chamanique et de cesser d’associer le « bas », et les chakras « inférieurs », à nos « enfers », comme le fait Claude Traks. Notre système digestif est éventuellement un lieu « infernal » quand ils est en état inflammatoire chronique, avec une flore intestinale déséquilibrée, une constipation chronique (matières toxiques qui stagnent), un foie et une vésicule qui peinent à faire leur travail… Mais cela peut être résolu, comme mentionné dans la partie « A jeun, pour bien digérer, sur tous les plans ».
Imaginez qu’un arbre vous dise que ses racines sont ses « enfers », vous en penseriez quoi ?
Le sol et nos racines n’ont rien d’infernal ni de sale. « Pousser racine » est assez jouissif, autant qu’une montée de sève est jouissive pour un arbre, tout simplement parce que cela rend d’avantage vivant !
Connexion à la terre et racine : sur le plan physiologique, nous avons besoin d’être à la terre sur le plan électrique pour fonctionner de façon optimum, de la même façon qu’une pomme de terre a besoin d’être dans la terre pour pousser. Si elle reste sur une étagère, hors-sol, elle va éventuellement germer, éventuellement beaucoup germer, mais si elle reste sur son étagère, elle va finir par se ratatiner et pourrir. Là, elle pourra dire qu’elle est en « enfer » !
Les visualisations d’enracinement/ancrage peuvent éventuellement servir à stimuler notre « germination » mais si l’on souhaite pousser, fleurir et fructifier, nous avons besoin de contact direct, peau à peau, avec le sol naturel. L’efficacité des visualisations d’enracinement est maximisée par la mise à la terre, couplée à la respiration et à la détente : une fois assis ou allongé à même le sol, il s’agit de diriger l’attention et le souffle au niveau du chakra racine, et de détendre la zone au maximum.
Au quotidien, quand je suis à la terre, je respire mieux, je suis plus détendue, j’ai plus de force, un meilleur équilibre, une meilleure mémoire. La mise à la terre du corps sur le plan électrique améliore la circulation sanguine et donc l’oxygénation de tout le corps. On pense mieux quand on est à la terre, parce que notre cerveau est mieux oxygéné, sans qu’on ait à y penser.
Une cérémonie est pile poil le bon moment pour apprendre à faire la différence entre la façon dont vous vous sentez « à la terre » et la façon dont vous vous sentez « isolé de la terre » (sur du plastique, un plancher en bois, de l’asphalte s’il y en a à proximité…).
Claude Traks recommande l’utilisation du hashish afin de « descendre » au maximum dans les chakras inférieurs, de façon à pouvoir ensuite « remonter » au maximum.
Je pense qu’il pourrait aussi bien parler d’ancrage ?
Et je pense qu’on peut très bien faire ça sans substance : en se mettant pieds nus dans l’herbe ou en s’asseyant à même le sol naturel. Dès que l’on place un matériaux synthétique (ou un plancher en bois) entre notre corps et la terre, cette « connexion » est compromise, altérée ou supprimée. Même les matériaux naturels très épais (comme une paillasse en herbe sèche, une couverture en laine…) peuvent empêcher cette connexion. En intérieur, un sol en carrelage en rez de chaussée/rez de jardin, ou un sol en tomettes sur chape à la chaux, permettra la connexion à la terre, alors qu’une terrasse extérieure en bois l’empêchera.
La qualité de la mise à la terre peut aussi être réduite quand le sol est très sec (c’est l’eau qui rend le sol plus ou moins conducteur).
Que ce soit au quotidien, ou encore d’avantage en cérémonie, il est important que notre corps soit à la terre aussi souvent que possible. Soit la température permet de rester pieds nus dehors ou de s’asseoir ou de s’allonger à même le sol en vêtements relativement légers (ex.: pantalon en coton + pulls et vestes en laine), soit on peut opter pour des chaussures à semelles plein cuir (de type mocassins amérindiens, chaussures médiévales…), soit on peut utiliser un tapis de connexion à la terre, relié à un piquet de terre (voir le site Geotellurique ou Navoti).
Claude Traks compare la cérémonie au décollage d’une fusée. Personnellement je préfère l’image de la graine qui germe et qui perce la surface de la terre et qui va y parvenir uniquement si elle est reste bien enracinée. De même, plus un arbre veut pousser haut, plus il doit plonger ses racines profondément dans le sol. Pour moi, la nécessité d’ancrage est la même pour l’humain.
Vous souhaitez devenir tel un séquoia géant et percer les nuages ? Alors poussez racines !
Quelques références : https://earthinginstitute.net/research/ ; The Earthing Institute – research ; Mes piliers de la Vie ;l’oeuvre « Duality » par MrCrystalFace

Le chamane, tel un radiotéléscope : Nous sommes des émetteurs-récepteurs, comme des radiotélescopes qui seraient autant capable d’émettre que de recevoir de l’information, et la transe boost ces capacités d’émission-réception.
Un radiotélescope ne fonctionne correctement que loin du « bruit » des pollutions radio, électromagnétiques et lumineuses. Plus il est éloigné de la « civilisation », mieux il capte. Nous, idem.
Pendant une cérémonie, les smartphones et autres objets « connectés » doivent donc rester éteints, où au minimum en mode avion (désactiver toute fonction mobile : bluetooth, etc…). Du point de vue chamanique, un smartphone est un « mauvais esprit » qui va perturber la cérémonie d’une façon ou d’une autre, à minima de façon insidieuse, en diminuant nos capacités d’attention et de mémoire.
Si l’on travaille en intérieur, l’électricité devrait être carrément disjonctée, car toute installation électrique émet des champs électromagnétiques de basses fréquences qui peuvent perturber notre corps et nos perceptions.
Affirmer qu’on a une très bonne connexion avec le monde des esprits, même en pleine ville, au milieu d’un gros electrosmog, pardon mais pour moi c’est soit de la naïveté, soit de l’orgueil spirituel et c’est absurde : c’est comme si un astronome affirmait que son radiotélescope est tellement puissant qu’il capte aussi bien à Paris que dans le désert de l’Atacama. C’est juste techniquement impossible.
On notera aussi qu’un radiotélescope décuple sa puissance de captation d’information quand il fonctionne en réseau avec d’autres radiotélescopes. Je suppose qu’un groupe de « chamanisant » qui auraient appris à travailler ensemble et qui se focaliserait sur un sujet, une intention précise, en simultané, serait susceptible d’obtenir de meilleurs résultats qu’un pratiquant isolé.

Mémoire des lieux : Claude Traks précise qu’il vaut mieux éviter de travailler dans une maison, entre autre pour éviter d’être gêné par les « mémoires » dont elle peut être chargée.
Un sol qui n’a jamais été modifié par l’humain « fonctionnera » en effet toujours mieux sur le plan énergétique qu’un sol qui a été remué d’une façon ou d’une autre. Voir le livre d’Eric Petiot « l’agriculture énergétique » pour acquérir quelques notions en la matière. Mais un sol naturel est loin d’être une page blanche ! Un sol « brut » et naturel peut permettre de se connecter aux esprits de la Nature, entre autre aux phénomènes cosmo-telluriques (« dragons », « vouivres »…, attention ! Ce ne sont pas des « reptiliens » et encore moins des « démons » ! ce sont des esprits de la nature qui peuvent devenir des esprits-alliés si on leur témoigne un minimum de savoir vivre !).
Pour ce qui est des « mémoires », pour moi, une maison moderne est un peu comme un tupperware : elle est constituée de matériaux presque tous plus ou moins isolants « énergétiques » (autant qu’électriques) qui sont plus ou moins impossibles à « charger » (synthétique en tous genre : laine de verre, placo, OSB, moellons…), qui sont donc plus ou moins dépourvus de mémoires (trop « pervertis »), qui sont des offenses à la Vie et nous isolent de notre environnement, qui sont des matériaux dans lesquels on a tendance à étouffer. Dans les maisons modernes, je pense que c’est essentiellement le sol (le sous-sol, la terre) qui peut être « chargé » de mémoires variées (ou éventuellement certains bibelots ou meubles anciens en matériaux naturels). L’air peut aussi être « chargé », mais ce sera surtout de Composés Organiques Volatiles (polluants de synthèse) !
Un sol remanié à la pelleteuse ou au marteau-piqueur peut avoir été traumatisé par ces méthodes et « chargé » de peine, de colère et de peur (les siennes, voir aussi celles des ouvriers).
Ces mémoires traumatiques, quelle que soit leur cause, peuvent être soignées, de la même façon qu’un humain souffrant de stress post-traumatique peut être soigné.
C’est même une des fonctions possible des cérémonies : l’harmonisation et la guérison d’un lieu (ancien lieu de culte, logement…). Pour se faire, la bénédiction est un outil d’harmonisation très puissant (quand elle est dite à voix haute), ainsi que la plume de rapace.
Personnellement, je préfère utiliser l’anglais : « I bless this place, this place is blessed and full of blessings, may all curses be put to ground (neutralized), may all my neighbours be blessed… ».
La géobiologie peut aider à mieux comprendre ces phénomènes et à les gérer (livre de Jacques La Maya, Luc Bodin, Arnaud Thuly, etc…).
Si le lieu est « habité », un esprit lié à un lieu peut devenir un esprit-allié s’il souhaite y rester. S’il ne souhaite pas nous aider à servir et protéger la Vie, il peut être confié à la Terre. Tout « fruit » de la Terre a pour vocation à y retourner, elle se charge du « recyclage », de la réincarnation, que sais-je….
Pour moi, le cœur en fusion de la Terre est notre « maison » (« home » en anglais, qui sonne comme « OM »), le véritable « paradis » (la lumière au bout du tunnel dans les NDE) et peut-être une voie d’accès vers d’autres mondes/plans/réincarnation/etc…
Une maison ancienne, essentiellement constituée de matériaux naturels (pierre, bois…) sera susceptible d’être chargée de beaucoup de « mémoires », mais une fois qu’on les aura harmonisées, une fois qu’on aura aidé d’éventuels esprits errants/perdus à « passer », le lieu lui-même pourra devenir un allié. On pourra le « charger » de notre intention de la cave aux poutres, et il pourra devenir ainsi un outil de travail, un lieu de protection, un très gros « pense-bête » qui nous rappellera en permanence notre intention d’œuvrer pour la Vie.
Somme toute, le travail en plein air reste un must, autant que possible, afin de pouvoir capter autant d’info « lointaines » que possible (loin dans l’espace-temps). Le travail en intérieur peut être de bonne qualité, quand on se contente par exemple de travailler sur notre lignée, sur nos ancêtres…. Puisqu’il s’agit alors pour ainsi dire d’un travail sur notre ADN (code/information génétique et épigénétique : pas besoin d’aller les chercher en pleine nature, ils sont toujours là, en nous !).
Une maison en matériaux naturels peut faire office de « grotte » très correcte, elle ne dénaturera pas trop ce qu’on cherchera à capter… Mais plus on est en contact direct avec les éléments « brut de décoffrage », plus on capte « loin », plus on capte des infos d’ordre international, voir cosmique, plutôt que local.

Chaleur : si l’on a froid, la cérémonie sera susceptible d’être entravée. Par exemple quand il y a consommation de psychédélique, pour que ces substances puissent travailler en bonne entente avec notre corps, elles ont besoin que le corps soit détendu, alors que le froid crispe ! Résister au froid force aussi le corps à dépenser beaucoup d’énergie, autant d’énergie qui ne pourra pas être consacrée au travail lui-même. Travailler dehors en plein mois de décembre en France peut être impossible.
Envisager la construction d’une hutte, d’une cabane en bois, d’un kerterre, d’une yourte, d’un tipi ou d’un abri inspiré de ceux des Sami peut être une option (à condition de garder un sol « brut » en terre battue (exemple: Arctic ancestral survivalism: on extreme weather Sami wisdom), en y ménageant un espace où faire du feu: âtre en pierres ou briques, petit poêle à bois d’occasion…, mais s’assurer que l’installation est sécurisée et qu’elle fonctionne avant d’y faire la moindre cérémonie!!!
Attention, en cas de construction de quoi que ce soit: préférez les formes circulaires plutôt que carrées, l’énergie y circule mieux. Petite explication en vidéo simple et concise en prenant l’exemple de la cheminée d’un #rocketstove #poeledragon #cuisine : si la cheminée est de base circulaire, le vortex se forme, le tirage est bon, les fumées montent, le feu brûle bien, mais si la cheminée est de base carrée, le vortex ne se forme pas, le tirage est mauvais, les fumées peinent à monter, le bois brûle mal – donc, à votre avis, les pyramides sont-elles vraiment faites pour favoriser la circulation de l’énergie ?!
Faire un feu me semble quasi indispensable, dans la mesure où les conditions météos le permettent (bien sûr, c’est à éviter en cas de canicules/sécheresse & de risques d’incendie !!!), que ce soit un feu de camp ou avoir au minimum une bougie dans une lampe tempête : l’esprit du feu peut être un esprit allié très puissant et très serviable (oui, à lui aussi, on peut demander guidance!).
Il aide à renforcer notre « cercle »/espace/biofield : en nous fournissant de la chaleur, il nous permet d’économiser notre énergie (on est susceptible d’en dépenser beaucoup pendant une cérémonie).
Et quelque chose me dit que faire un feu au contact de la terre pourrait générer un effet comparable à la moxibustion : il pourrait aider les « énergies » cosmo-telluriques à mieux circuler à cet endroit, et il pourrait donc faciliter les interactions avec ces « esprits » cosmo-telluriques.

3ème œil et lumière: notre 3ème œil s’ouvre au mieux quand il est protégé de la lumière, c’est peut-être pour ça qu’un certain nombre de chamanes portent des bandeaux autour de la tête, que les chamanes Toungouzes portent des costumes qui leur cachent le visage ?
Et c’est pour ça que j’utilise le logiciel f.lux en mode « ember » au quotidien sur mon ordinateur !

flux

La lumière artificielle, et surtout celle riche en lumière bleue (écran d’ordinateur, LED…) semble particulièrement délétère pour cette partie délicate de notre anatomie.
Cependant, si travailler dans le noir total peut être intéressant à expérimenter, et si notre 3ème œil a besoin du noir total pour fonctionner au mieux, il me semble plus sécurisant d’avoir tout de même un peu de lumière à disposition pendant toute la durée de la cérémonie.
La lumière artificielle électrique est à proscrire non seulement parce que les appareils électriques génèrent une pollution électrique (qu’on peut sentir en cérémonie, voir entendre!) qui peut stresser le corps (donc nuire à la détente), mais la lumière artificielle (lights d’un concert, LED d’une lampe solaire…) perturbe particulièrement le corps, elle peut être ressentie comme particulièrement « agressive », blessante et stressante, d’autant plus en cérémonie, quand on a demandé à notre 3ème œil de s’ouvrir bien grand.
On peut éventuellement opter pour une lampe à gaz (mais là aussi, le bruit qu’elle fait pourra gêner, ainsi que son odeur), ou pour une lampe tempête (voir par exemple celle-ci)… Mais l’idéal et le plus naturel, c’est le feu : feu de camp dehors, feu de cheminée, poêle à bois ou à défaut, une bougie (en cire végétale ou cire d’abeille, éviter la pétrochimie !).
Pour que notre 3ème œil, lui, reste dans le noir, on peut opter pour le port d’une toque (en peau), ou d’un épais foulard en coton, d’un bonnet en laine…, de préférence quelque chose qui peut cacher le front et les yeux, et qu’on peut relever ou enlever quand on a besoin d’y voir clair (pour boire, faire pipi…)! Si l’on opte pour des peaux, elles seront susceptible de nécessiter un travail d’harmonisation avant qu’on puisse s’en servir sans gêne (enlever d’éventuelles étiquettes, négocier avec l’esprit de l’animal…). Idem les tissus même « naturels »: ils peuvent être chargés de teintures toxiques qui en rendront l’usage très gênant. On pourra avoir à tester plusieurs options avant de trouver la bonne.
Personnellement, je rêve de devenir capable de travailler le cuir et la peau lainée pour pouvoir me confectionner un grand capuchon à la fois chaud, bien occultant, et facilement amovible.
La peau lainée a aussi l’avantage d’avoir un léger effet isolant phonique non négligeable.
Un manteau en coton huilé à capuche pourrait peut-être faire l’affaire (on en trouve d’occasion sur leboncoin: marques Barbour, Filson…), il aura l’avantage d’être imperméable, mais j’ignore encore comment il se comporte au niveau « énergétique ».

La nuit et la physiologie : comme le dit Claude Traks, la nuit, ok, il y a moins de stimuli, moins de bruit, de lumière, et c’est une bonne chose, puisque tous ces stimuli peuvent être perçus comme particulièrement agressifs sous psychédéliques, qui sont des substances qui ont tendance à booster nos perceptions sensorielles. Tout stimuli sensoriel est aussi susceptible de nous déconcentrer, de nous faire perdre le fil de notre intention. Même un avion qui passe à haute altitude est susceptible de perturber la cérémonie, pas juste à cause de son bruit mais aussi de tout son champ électromagnétique (j’appelle les avions des « fuckers »!). On veillera donc à s’éloigner au maximum des grandes villes, des grands axes routiers et des voies aériennes.
La concentration, ça se travaille, mais reste que, quelque soit le travail, on est plus efficace au calme en rase campagne que dans un hall de gare à l’heure de pointe.
D’après Jeremy Narby, les cérémonies d’ayahuasca sont faites la nuit parce que le simple aboiement d’un chien peut rendre fou celui qui a consommé de l’ayahuasca.
Mais, surtout, la nuit, notre corps fonctionne différemment qu’en journée. Nos rythmes circadiens et donc tout notre métabolisme, sont modulés par la lumière naturelle, pas par notre volonté !
En fin de journée, en principe, notre système nerveux autonome passe du mode « orthosympathique » (lutte ou fuite, taux d’hormones du stress naturellement élevé) au mode « parasympathique » (régénération et digestion, taux d’hormones du stress naturellement bas). Ces deux branches du système nerveux autonome fonctionnent en permanence, mais l’une domine toujours plus ou moins l’autre.
L’orthosympathique est aussi surnommé le « guerrier » et le parasympathique le « guérisseur ».
Pour ceux qui consomment des psychédéliques, ceux-ci fonctionnent en synergie avec le « guérisseur », quand les taux d’hormones du stress sont naturellement bas.
L’association mode parasympathique/psychédéliques contribue donc à la réduction des risques de « bad trip ».

Autres techniques, trucs et astuces :

Que ce soit pour réduire les risques ou pour rendre la cérémonie la plus «efficace » possible.

Respirer et se détendre : Claude Traks recommande de commencer par faire des cérémonies uniquement basées sur la respiration. Il parle beaucoup de respiration et c’est en effet un excellent conseil, mais j’y apporterai quelques précisions.
Ce conseil de base est susceptible d’aider tout psychonaute et « chamanisant » à traverser une expérience difficile. Il est possible que les expériences difficiles soient au moins en partie générées par de la crispation, qui a pour conséquence un manque d’oxygénation.
Exemple : un psychonaute de culture judéo-chrétienne visualise un serpent (ou un dragon) pendant un « trip », il se dit « ouh, un démon ! », il a peur, il se crispe, bloque sa respiration, le serpent grandit, se rapproche, s’enroule autour de lui, le paralyse… Et c’est la crise de panique et plus tard, le psychonaute raconte sur un forum qu’il a été assailli par un « démon » pendant un « trip »…
Un autre psychonaute, grand adepte du yoga et de l’ayurveda, visualise un serpent pendant une « cérémonie », il comprend qu’il a à faire à la kundalini ou à un nadi, il se souvient de ses cours de pranayama, il respire plus amplement, plus calmement, il se relaxe et le serpent devient un dragon de lumière qui se dissipe dans un crépitement d’étincelles multicolores de toute beauté.
Voilà : face à quelque chose qui nous fait peur, la règle d’or consiste avant tout à respirer et à se détendre, tout simplement.
Dès que quelque chose « bloque », alors on lâche : on se détend, on respire…, et ça lâche.
Ça peut sembler simple à faire, mais ça peut nécessiter un certain entraînement pour s’en souvenir dans des situations délicates et pour y parvenir vraiment « à fond ».
Avoir pris des cours de taï-chi pendant quelques années m’a sacrément aidée en la matière ! On croit qu’on est détendu au maximum, mais un prof de taï-chi sera susceptible de trouver ici et là des muscles encore crispés. La détente maximale n’est pas si facile que ça à atteindre (surtout quand on a, entre autre, des amalgames au mercure dans les dents!).
On peut par exemple s’entraîner à respirer tous les soirs, une fois couché : passer au moins quelques minutes à relâcher tous nos muscles et à respirer au niveau du cœur. Et penser aussi à le faire dans les files d’attente, dans les embouteillages, quand on se brosse les dents…
Claude Traks recommande de respirer « profondément », seulement ça reste un conseil un peu flou. J’ajouterais que « nourrir » le chakra du cœur avec la respiration me semble particulièrement indispensable. C’est mon prof de taï-chi qui m’a transmis ça: il s’agit d’apprendre à y « enrouler » et à y « dérouler » la respiration. Regarder des vidéos de torus peut aider à se familiariser avec le type de mouvement à visualiser au niveau du sternum, en utilisant le diaphragme à fond, et aussi des vidéos de qigong (comme celle-ci, pour bien visualiser la zone à travailler : Pranayama Chi Kung Deep Breathing for Heart Centeredness – à part ça non, je ne suis pas super fan du « platisme »).
Beaucoup de gens ont tendance à rester perchés dans leur tête, dans leur mental, dans leur esprit, beaucoup ont tendance à considérer que notre centre énergétique majeur, c’est le cerveau, la tête, alors que non : le cœur est l’organe qui génère le champ électromagnétique le plus puissant du corps et c’est lui qui permet de transmuter tout ce qu’on a besoin de transmuter (peurs, tristesses et colères). C’est quand on place l’attention en lui qu’on trouve la paix, le silence, la lumière et la joie (pendant une activité méditative, par exemple) et c’est quand il est correctement « nourri » (par la respiration et la gratitude) qu’on peut commencer à avancer, agir, qu’on peut véritablement devenir un être complet, uni, « relié », au service de sa communauté (voir par exemple cet article).
Et la deuxième règle d’or en cas d’expérience difficile: éviter de faire trop rapidement des interprétations, d’autant plus des interprétations basées sur des grilles de lecture anti-chamaniques, judéo-chrétienne ou psychanalytique (exemple : serpent et dragon = démons ou désir sexuel infernal), et s’efforcer d’adopter un regard aussi neutre que possible sur ce qu’on visualise, tel un anthropologue étudiant les mythes d’une autre planète.
En « chamanisme », les serpents et les dragons sont des êtres bénéfiques à mettre systématiquement en lien avec la kundalini, les nadis/méridiens, l’œuf alchimique ou orphique, les forces cosmo-telluriques, le dieu Phanès de la mythologie grecque, le dieu hindou Shiva et le Shiva lingam (ref. : https://magikindia.com/shivalingam/), etc…

Demande de protection et guidance aux esprits bienveillants amis de la Vie : C’est un must en magie autant qu’en chamanisme. Claude Traks parle bien des risques de se faire « influencer », « adombrer », mais il parle assez peu des moyens de s’en préserver, autrement qu’en restant « actif » et en s’accrochant à notre « flambeau »/intention (remarque : « adombrer » fait référence à une sorte de possession « positive » et consentie, par un être spirituellement avancé, tel un Bodhisattva).
Se protéger, c’est pourtant assez simple : il semble qu’il suffise de demander protection avant chaque cérémonie. On peut bien sûr aussi le faire chaque jour, en guise d’hygiène énergético-spirituelle de base.
Ma demande de protection :
« Je demande protection et guidance aux esprits bienveillants amis de la Vie ».
Jusque là, ça semble marcher pour moi.
Dans le cadre d’une cérémonie, il vaut mieux étoffer la demande et demander protection pour notre corps, notre esprit, notre mémoire, le lieu, et demander protection même vis à vis de nos propres idées stupides !

Communiquer : Claude Traks recommande de « communiquer », mais il parle uniquement d’un dialogue intérieur (comme dans un rêve éveillé, ou lors d’une visualisation de sophrologie) : « parler, mais pas à voix haute ».
La guérison et l’harmonisation du corps et de l’esprit peut en effet se faire en silence, dans une certaine mesure, mais pour travailler pour ma communauté, j’ai besoin de parler à voix haute.
Pour bénir mon corps et ainsi soutenir la guérison de certains organes qui ont été particulièrement malmenés (mes dents par les amalgames au mercure, mon utérus par le stérilet en cuivre…), j’ai aussi eu besoin d’utiliser la bénédiction à voix haute. Il a aussi fallu que je « claim my body » (que je revendique mon corps)… Enfin bref…
Lors d’une petite conférence au musée d’ethnographie de Genève en 2016, Jeremy Narby a expliqué qu’un chamane, c’est avant tout quelqu’un qui « fait du bruit ».
D’après mon expérience, quand on n’a pas cinquante personnes autour de nous à impressionner, qu’on est tout seul dans notre jardin (ou dans notre cuisine), on n’a aucun besoin de hurler, on peut se contenter de parler à voix relativement basse, ça marche aussi.
Au pire, pour gagner en « volume sonore » tout en économisant notre énergie (et pour éviter d’inquiéter d’éventuels voisins), on peut aussi invoquer l’image d’un chanteur de hard rock, en disant par exemple aux esprits auxquels on s’adresse: « imaginons que je sois James Hetfield, de Metallica, avec tout l’orchestre symphonique de San Francisco qui m’accompagne… » (comme dans l’album « S&M » de Metallica). Ca marche aussi, sans qu’on ait à élever la voix le moins du monde (si on n’aime pas James Hetfield, on peut invoquer un autre chanteur qui nous plaît d’avantage!).
Si notre parole nous semble « sonner faux », alors il est bon de s’interroger sur le niveau de toxicité de notre bouche et de nos dents : amalgames au mercure, composites en plastique plein de perturbateurs endocriniens, métal qui fait « antenne » et perturbe notre champ vital (on peut avoir du métal dans les dents sans le savoir : les pivots des couronnes céramiques peuvent être en métal), dents dévitalisées potentiellement infectées, cavitations (infections d’anciens sites d’extraction de dents)…
Pour moi, la planète est un radiotélescope géant super puissant qui entend très bien le moindre de nos chuchotements et qui peut pour ainsi dire relayer notre message sur de longues distances, jusqu’à l’Himalaya si nécessaire (quoi que la communication dans le monde des esprits peut être autant une question d’intention que d’onde sonore, mais bon bref).
En cérémonie, la voix et les mots servent de sonar. Une chauve-souris ne peut pas chasser et voler juste « dans sa tête » avec un « dialogue intérieur ». Idem en cérémonie, pour savoir si une requête est « recevable », j’ai besoin de l’énoncer à voix haute et d’entendre comment elle sonne. Parfois ma formulation laisse sérieusement à désirer et je galère pour trouver les bons mots qui sonnent juste, qui sonnent « fort » et qui « marchent ».
Par exemple, Claude Traks explique que pour réussir à « contacter le numéro de la cérémonie », il doit parfois en passer par la revendication de sa place.
C’est en effet une chose très importante et puissante à faire, en principe, mais pour y arriver, personnellement, je dois utiliser l’anglais et dire : « I claim my share » (« Je revendique ma part »). Ça, c’est vraiment puissant : je « revendique » à la fois ma « part du gâteau », autant que ma part de responsabilité du merdier planétaire dans lequel nous sommes, et du coup ça me donne un levier d’action, le droit de m’en mêler. Si je pars du principe que je n’y suis pour rien, alors je ne vais pas avoir l’autorisation d’intervenir. Si je peux faire ça en tenant quelque chose en or à la main, ne serait-ce qu’un vieux bijoux plaqué or, ou à défaut une pièce de monnaie, ça peut aider.
Il est possible que l’anglais sonne « creux » pour une personne qui aurait des origines uniquement méditerranéennes, par exemple, et encore d’avantage pour quelqu’un qui aurait des origines méditerranéennes et qui travaillerait dans un pays méditerranéen où les peuples d’origine n’ont jamais parlé de langues germaniques/celtes/indo-européennes ? Pour que ça « sonne », il faut peut-être non seulement utiliser une langue qui « parle » à nos ancêtres/ADN, mais aussi une langue qui parle à la terre sur laquelle nous sommes ?
A chacun d’expérimenter, mais à voix haute ! Et notons qu’il est quelque peu ironique que le conseil vous vienne d’une autiste qui est/a souvent été mutique en société, n’est-ce pas ?! 😉

L’échange de bénédictions : une fois qu’on a compris qu’il s’agit de parler, il s’agit de trouver quoi dire. C’est là que la notion de « commerce » avec les esprits entre en jeu. Il s’agit souvent de « négocier » avec eux, de leur expliquer nos motivations, de leur demander ce qu’ils souhaitent, ce dont on a besoin, et de trouver un terrain d’entente pour que l’échange soit gagnant-gagnant.
Dans le monde des esprits, l’échange de bénédiction est une sorte de politesse de base qui fournit souvent une bonne entrée en matière ou qui peut faire l’objet d’une négociation. En effet, obtenir la bénédiction de l’esprit de l’eau, quand on fait systématiquement nos besoins dedans, quand on déverse dedans chaque jour du papier toilette et divers produits d’hygiène et d’entretien plus ou moins toxiques, ça peut être « compliqué », comme on dit de nos jours. Demander pardon, « mercy » en anglais, présenter nos excuses, expliquer et promettre de mieux faire pourra être nécessaire pour apaiser un esprit mécontent, qui a de bonnes raisons d’être mécontent, comme l’Eau, partout sur Terre à l’heure actuelle.
Je précise que je n’emploie jamais les mots français « bénédiction » ou « bénir ». J’utilise toujours l’anglais, qui sonne mieux pour moi : « Be blessed, I bless you, you’re blessed and full of blessings, please bless me ; I bless this place, this place is blessed, etc… ».
Quel que soit la problématique que l’on souhaite traiter, que ce soit un organe qui nous fait souffrir, une relation qui nous fait souffrir…, la bénédiction peut être un outil de soin très efficace, à condition bien sûr qu’elle ne soit pas juste des mots récités de façon automatique, mais qu’elle vienne du cœur.
Même face à un esprit qui semble « récalcitrant », ou en colère, comme un ancêtre mécontent, demander sa bénédiction et lui offrir la notre peut être une façon de « briser la glace ».
La bénédiction peut aussi être un moyen de traiter une « malédiction », quoi que je n’aime pas ce terme français : je lui préfère le mot anglais « curse ». Une malédiction peut être parfaitement involontaire, comme par exemple une colère violente qu’on a ressentie envers quelqu’un à un moment donné et qui a eu un effet persistant dans l’espace-temps, au niveau « vibratoire ». Même quand le « curse » est volontaire, le fait de bénir la personne qui en est responsable permet pour ainsi dire de solder les comptes, d’effacer l’ardoise.
Il est fortement déconseillé de renvoyer les « curses » à l’envoyeur, au risque de se prendre un choc en retour et que ça n’en finisse jamais.
Même un parent qui a été maltraitant peut et même devrait être béni car il nous a transmis ce qu’il y a de plus précieux dans ce monde : la Vie. Bénir ne signifie par approuver ce qui a été fait et on peut le faire en restant en sécurité à 500km de la personne en question, surtout si elle persiste à être maltraitante. C’est la Vie en elle qu’on bénit, pas la maltraitance. Et en bénissant la personne qui nous a transmis la Vie, on se bénit pour ainsi dire soi-même et c’est ainsi qu’on peut vraiment pleinement guérir. Bénir un ancêtre, c’est bénir l’ADN qu’il nous a transmis, et, pour moi, bénir quelqu’un qui nous a fait du mal est le seul vrai « pardon » possible.
Dans le milieu du « new-age », de l’ésotérisme, des thérapies énergétiques, etc…, des gens semblent réticents à utiliser ce terme de « bénédiction », réticents à l’idée de faire des rituels de bénédiction, parce qu’en Occident la bénédiction est associée au rôle du prêtre: on la croit réservée à lui, à la religion judéo-chrétienne, mais la bénédiction se retrouve dans toutes les traditions à travers le monde, c’est un outil majeur d’harmonisation, et c’est un outil universel (exemple : le blessingway des Navajo https://nativeamericanconcepts.wordpress.com/the-blessing-way/ ).
Vous voulez vous réapproprier votre part de pouvoir spirituel ? Alors bénissez ! Cessez de déléguer cette action à une quelconque « autorité ». A partir du moment où l’on a un cœur, on se doit de le faire fonctionner et de s’en servir pour « donner » ce genre de chose. Et les mots ont leur importance. Il existe des mots de « pouvoir », c’est à dire des mots qui «fonctionnent » et d’autres qui tombent à plat. On est sensé pouvoir l’entendre en cérémonie. L’amour et la bénédiction ont beau venir du cœur autant l’un que l’autre, il s’agit de deux choses différentes et on ne peux pas les inter-changer, de même qu’on ne peut pas bénir quelque chose juste en le visualisant baigné d’une quelconque lumière rose bonbon et saupoudré de paillettes et de sucre glace. La bénédiction serait à rapprocher de l’agapè grec (amour inconditionnel/divin), à distinguer des autres types d’amours d’avantage personnels : éros, storgê, philia (amour maternel, sentiment amoureux, amitié).
On peut bénir quelque chose ou quelqu’un qu’on n’aime pas, alors qu’essayer d’entrer volontairement « en amour » avec quelqu’un qu’on n’aime pas, c’est plus improbable.
En Occident, dans les milieux ésotérique, new-age…, il est souvent question de « purification », de purifier un lieu, de se purifier soi-même… La purification est sensée être suivie d’une bénédiction, sans ça, elle reste un canard boiteux ! Purifier sans bénir, c’est un peu comme de prendre une douche en plein mois de décembre en France, sans se rhabiller après !
Dans sa vidéo, Claude Traks parle de ses parents décédés, il se fait du soucis pour leur âme. Une cérémonie peut justement servir à clarifier une telle situation. Il est possible de consacrer une cérémonie à nos ancêtres, soit pour leur demander de l’aide dans une situation précise (exemple : conflit familial), soit pour harmoniser notre relation avec eux (rancœurs, remords…). L’échange de bénédiction avec eux sera alors un outil indispensable pour faire avancer les choses.
Les défunts semblent aussi beaucoup apprécier qu’on leur donne des nouvelles, qu’on les tienne au courant de ce qui se passe d’important dans nos vie (décès, mariages, naissances, déménagements…). Si l’on craint que certains d’entre eux soient « perdus », on peut demander de leur nouvelle en cérémonie, on peut même parfois les contacter. Pour se faire, avoir leur nom complet ainsi que leur lieu et date de naissance et de décès peut aider. Un esprit perdu, « errant », peut être confié à la Terre, qui pour moi est comme une « big mama » universelle, et le lieu où l’on doit retourner après la mort du corps. Pour moi, le cœur en fusion de la planète est un vortex, un lieu de passage, de transmutation, peut-être de réincarnation, etc… Je pense que beaucoup d’esprits sont susceptibles d’être « perdus », justement parce que les religions monothéistes les envoient « au ciel », et peut-être même dans une sorte de « faux ciel » (faux astral), alors que notre vraie « maison » (« home » en anglais, qui a l’avantage de sonner comme le mantra « OM »), notre direction après notre mort, devrait être le sol, le cœur de la planète. Des défunts sont aussi susceptibles d’être en attente de leur « passage » parce que leurs proches ont du mal à faire leur deuil et les retiennent en s’accrochant à eux. Ou bien ils sont perdus parce que personne n’a jamais songé à faire une cérémonie de « passage » pour eux (exemple : les esprits des enfants avortés). Une cérémonie peut justement aider à dire « au revoir » à un défunt et l’aider à « passer ».

« Préfixe » ou numéro de la cérémonie, les Directions : Claude Traks raconte qu’il a parfois du mal à « accéder » à la cérémonie. Peut-être parce qu’il fait sa cérémonie allongé, sans parler, alors qu’en principe un « chamane » travaille debout, ou au moins assis, en faisant un minimum de bruit ?!
Bien que les « protocoles » européens (ou le « numéro de téléphone », comme il dit) soient perdus, il est possible d’en créer de nouveaux, par exemple en s’inspirant de protocoles d’autres cultures, ainsi que d’éléments que l’on retrouve dans certaines traces écrites d’anciens rituels européens (comme dans les Eda scandinaves). Quelle que soit les époques et les lieux, les cérémonies ont tendance à partager bon nombre de points communs (cercle, bâton, plume, Directions, encens…). Pour moi, s’inspirer d’autres cultures n’est pas de l’appropriation culturelle mais plutôt de la réappropriation culturelle : la cérémonie est un comportement humain universel. Il y a quelques milliers d’années, les cérémonies européennes devaient avoir beaucoup de points communs avec les cérémonies amérindiennes actuelles (les « medecine wheels » américaines sont aussi circulaires que les cercles de pierres levées européens). Le fait que nous, européens, ayons perdus nos cérémonies ne devrait pas nous empêcher d’essayer d’en recréer en pratiquant une sorte d’archéologie chamanique.
Lire des livres comme « l’anthologie du chamanisme », de Narby et Huxley peut aider à voir ce que différentes traditions ont en commun, et permet d’essayer de retrouver le « tronc commun » des pratiques chamaniques.
Qui plus est, les esprits enseignent, et certains éléments clés de la cérémonie semblent comme encryptés dans la mémoire de la planète. Travailler avec certains outils relativement universels semble pouvoir aider à se connecter à cette mémoire, au mode d’emploi de ces outils (bâton, plume de rapace…).
Et quand il semble que quelque chose bloque parce que je n’ai pas le bon protocole, parce que tel genre de requête se fait d’habitude en dansant et en chantant d’une façon dont j’ignore tout, je fais la punk : je demande pardon aux esprits, et j’explique qu’il y a urgence, qu’on n’a plus le temps pour les vieux protocoles respectés au petit poil de la grenouille.
Bref, ma porte d’accès à la cérémonie, ce sont les Directions et la plume de rapace. Si je n’avais pas de plume sous la main, je pourrais m’en excuser au près des esprits, ce n’est peut-être pas indispensable, je pourrais peut-être me contenter d’invoquer l’esprit de l’aigle ou de la buse (très commune en France), mais la plume de rapace a d’autres fonctions: quand je parle en la tenant à la main, c’est un peu comme si je parlais dan un micro et même les esprits « récalcitrants » semblent être obligés de m’écouter un minimum quand je m’en sers. Elle confère une certaine autorité qui est parfois bien utile pour se faire entendre.
J’ignore ce que sont les Points Cardinaux mais ils m’évoquent un peu des gardiens très imposants, ils sont hors de vue mais je sens leur « présence », leur « tempérament ». Je ne sais pas exactement ce qu’ils gardent, peut-être la mémoire de la Terre. Ils sont forcément en lien avec les champs électromagnétiques terrestres, mais leur nature me reste très mystérieuse tout de même.
Chaque Point Cardinal semble doté de sa propre personnalité. Ce sont pour ainsi dire eux qui m’ont enseigné qu’ils sont importants et qu’ils doivent être pris en considération d’une façon ou d’une autre (je vous avoue que, il y a cinq ans, j’aurais lu ce que j’écris là, j’aurais pensé que « c’est n’importe quoi… ! »). Ça peut sembler farfelu, tellement on a vu ça souvent dans des films fantastique plus ou moins bidon, ou lu ça sur des sites ésotériques pas forcément très pointus… Ça a beau sembler farfelu, je constate que « ça marche ».
J’ouvre donc mes cérémonies en m’adressant tour à tour aux six Directions, en leur faisant face, avec la plume à la main, levée vers eux: d’abord l’Est, puis le Sud, l’Ouest, le Nord, le Ciel, le Sol. Certains parlent d’une 7ème Direction : le centre.
Il s’agit de les bénir, de leur demander bénédiction, de leur demander de bénir et de veiller sur la cérémonie, de leur demander guidance et protection, de leur annoncer nos intentions et le ou les sujets sur lesquels on souhaite travailler. L’Est semble particulièrement associé aux aigles, et bien sûr, au commencement.
Le sud m’inspire joie et chaleur, je peux lui demander de m’en apporter pour que la cérémonie soit la plus agréable possible. L’Ouest m’apporte la nouveauté, les nouvelles idées, cette sensation qu’on a la veille de Noël quand on sait qu’on va trouver des cadeaux le lendemain au pied du sapin, c’est la surprise, l’aventure du grand large ! Le Nord est en lien avec les ancêtres, les origines, les racines, il m’évoque quelque chose de très solennel, d’assez froid et sévère. Les Directions dans l’hémisphère Sud sont peut-être empreintes d’autres « tempéraments », en lien avec le climat local.
Le ciel, je préfère l’appeler « Canopia », le sol pour moi, c’est « the Ground ».
Les Directions ne sont pas juste des « éléments » et des points cardinaux, ce sont des esprits. On peut leur parler, leur demander conseil, leur demander de nous « enseigner », leur demander pardon de notre ignorance, etc….

Etre actif : Claude Traks recommande d’être « actif » d’éviter de rester à contempler ce qui se passe, d’y participer en utilisant le dialogue intérieur (c’est à dire dialoguer « dans notre tête » avec les esprits qu’on rencontre, comme dans un rêve éveillé). Il prône l’action, mais l’action tout en restant allongé dans le noir !
Au début, je travaillais ainsi, allongée (j’appelais ça des « sessions »), et puis j’ai commencé à explorer les mudras, les informations qu’on capte en mettant les mains sur le sol (dehors) et je me suis mise à travailler dehors, près d’un feu…, et petit à petit j’en suis venue à travailler debout, du moins la plupart du temps et presque toujours avec un bâton qui m’aide bien à tenir mon espace, quand il m’arrive de fatiguer.
Un peu comme un avocat qui plaide devant une cour, si je souhaite être entendue, il semble que le plus efficace soit de me tenir debout.
Quand je m’assois, c’est en général soit pour faire une pause très brève (boire un peu, manger un bout de chocolat), soit pour parlementer avec le « sol ».
Si quelqu’un échoue à tenir debout en cérémonie après 25 ans d’expérience, il serait peut-être judicieux de demander pourquoi aux esprits : y a-t-il quelque chose qui empêche le corps de se tenir debout ? Quelque chose qui l’affaiblit ? Le problème pourrait venir autant des chaussures que des amalgames dentaires (ou implants, prothèses…), que de certains ancêtres ou esprits des lieux mécontents ! Attention aussi aux doses trop fortes de psychédéliques qui empêchent de se tenir debout !

Flambeau, le bâton : Claude Traks explique que quand on est malmené pendant une cérémonie, on doit se raccrocher à notre intention comme à un flambeau. Ok, mais comme il utilise uniquement le dialogue intérieur, couché dans le noir, quand il parle de flambeau, il fait référence à un flambeau très immatériel et « symbolique ». Pour lui, c’est surtout une façon de parler.
Alors que lorsque je suis « malmenée » en cérémonie (grosse somnolence, jambes qui flanchent…), quand je m’efforce de traiter un gros « curse » (malédiction, en anglais), que je tombe sur un « pare-feu » du système anti-Vie, qu’un ancêtre me « pourrie »…, je m’appuie très solidement sur mon bâton. Il m’aide vraiment à rester debout, à protéger mon espace (« hold my space »). Il s’agit d’un bâton un peu plus grand que moi, ramassé dans un bois (s’il vous plaît, ne coupez pas de branche ni d’arbre, juste pour vous faire un bâton!!!), juste une simple branche de bois sec, relativement droite, écorcée et poncée (pour éviter de me blesser) et « chargée » de mon intention.
On apprend ça en magie/sorcellerie/Wicca… : les objets peuvent être « chargés » d’une intention. Attention, ça ne marche qu’avec les objets en matériaux naturels. Ca ne marchera pas avec un truc en plastique/synthétique et le simple fait de peindre ou de vernir le bâton peut empêcher de le charger correctement, puisque ça le rend imperméable à l’eau et aux « énergies » en général. D’autant plus qu’il deviendrait plus ou moins inutilisable en cérémonie s’il est enduit de substances toxiques modernes (en cérémonie, on est susceptible de beaucoup mieux sentir ce genre de chose qu’au quotidien). A mon sens, il est important que le bois ne soit pas imperméabilisé (même juste avec de l’huile de lin), qu’il puisse « respirer » pour fonctionner au mieux au niveau « énergétique » et pour pouvoir être chargé.
On « charge » le bâton en le dédiant simplement à la Vie. On peut faire un petit rituel rapide en le smudgeant (de préférence avec un « encens » local : résine de sapin ou sauge du jardin), en le bénissant et en lui « expliquant » sa fonction : nous aider à garder notre intention de servir et protéger la Vie.
J’ai fait toute une vidéo sur le bâton : Chamanisme – Seidr – Le bâton.

Garder l’intention, pense-bête, l’autel : pour nous aider à nous souvenir de notre intention, se constituer un petit autel peut aussi vraiment faciliter les choses. C’est une pratique qu’on retrouve autant par exemple dans l’hindouisme (et dans beaucoup d’autres religions), qu’en magie. Il peut s’agir d’une simple table sur laquelle on a installé quelques bougies et quelques objets qui vont évoquer le thème de notre cérémonie, les sujets sur lesquels on souhaite travailler.
Par exemple, si l’on souhaite travailler sur nos ancêtres, on peut poser une de leurs photos, ou un objet qui leur a appartenu.
Sur l’autel, on peut aussi poser une feuille sur laquelle on aura écrit le « programme » de la cérémonie : l’intention de base et les intentions/requêtes « secondaires ».
Plus la liste est courte, et formulée simplement, mieux c’est !

D’autres outils & esprits alliés : d’autres objets peuvent contribuer à renforcer notre champ vital/cercle et peuvent nous aider à être mieux entendu : la plume de rapace est mon autre outil de prédilection, après le bâton. J’utilise soit une grande plume de buse trouvée dans un champ, soit un bout d’aile de buse (détaché du cadavre d’une buse trouvé au bord d’une route), soit une plume de cérémonie amérindienne offerte par une amie américaine, et il m’est arrivé d’utiliser toutes mes plumes de rapaces ensemble, plumes de hibou/chouette incluses, pour gagner en force.
Je n’ai pas la moindre idée de la façon dont « fonctionnent » les plumes de rapaces, et les plumes d’autres oiseaux sont susceptibles d’avoir le même genre de fonction, mais le fait que j’ignore comment ça marche ne semble pas affecter l’efficacité de l’outil ! Je suppose qu’il s’agit tout de même d’avoir une bonne dose de révérence pour l’esprit de l’oiseau pour que les plumes « fonctionnent » ? Peut-être faut-il aussi avoir un certain lien de « sympathie » avec lui ? Personnellement, j’ai toujours adoré les rapaces. Pour quelqu’un qui en aurait la phobie, ce serait peut-être une autre histoire (et ce serait à soigner!).
La plume de rapace n’a pas vraiment besoin d’être « chargée » pour fonctionner, cependant, on peut la smudger, la bénir, demander bénédiction à l’esprit du rapace, lui expliquer notre intention et lui demander de nous assister dans notre tâche.

On peut aussi utiliser certaines plantes alliées. Ces plantes « alliées » sont à trouver au fil du temps, à force d’en « diéter », à force d’expérimentations et de dialogues avec elles, une fois qu’on les a consommées à bonne doses (au minimum 2-3 fois, de préférence plus longuement).
Je recommande vivement d’acheter au moins un livre de phytothérapie avant de se lancer dans le travail avec les plantes. Chaque plantes a des contre-indications, il vaut mieux rester prudent !
On peut consacrer un peu de temps à dialoguer avec des plantes à l’occasion d’une cérémonie, ou bien il est possible de faire des sessions de travail spécialement dédiées à la connaissance des plantes (et autres compléments alimentaires).
On peut bien sûr aller à la rencontre des plantes de notre jardin, ou de la forêt, ou utiliser des plantes récoltées dans notre jardin, ou bien des plantes séchées achetées en herboristerie (des plantes de qualité !), ou même des plantes séchées en poudre, en gélules (voir sur le net : laboratoire ABC de la Nature, l’Herboristerie du Valmont, François Nature, Buy Whole Foods Online…)! Certains extraits de plantes de qualité achetés en magasin bio peuvent aussi être très « loquaces » (exemple : les ampoules buvables des marques Dietaroma ou Santarome).
On peut mettre un peu de poudre de plantes dans un petit tube en verre (voir par exemple les fioles en verre sur le site Kinepharma), les garder sur l’autel pendant la cérémonie, ou les mettre ponctuellement dans notre poche pour encore plus de soutien.
Dans la tradition de la sorcellerie/wica/magie, on parlerait de la confection de « sachet charme ». On peut les confectionner avec un tissu naturel (coton, lin, chanvre, laine) ou du cuir et mettre la plante séchée entière dedans (bâton de réglisse, boutons de roses, pétales de coquelicot…).
Je précise bien qu’il ne s’agit pas de consommer les plantes pendant la cérémonie. Il s’agit d’un travail avec un esprit-allié sur le plan « énergétique », pas biochimique !
Les plantes, on les « diète » en amont, pendant quelques jours ou quelques semaines, de façon à ce qu’elles puissent faire connaissance avec nous et nous avec elles. On voit si elles nous conviennent au quotidien, puis on apprend à converser avec elles en cérémonie, juste en les tenant à la main.
Les plantes qui m’aident à tenir mon espace sont la réglisse, la rhodiola, le chardon-marie, la maca.
J’utilise aussi la bile de taureau du laboratoire Nutricology, qui n’est pas du tout une plante mais qui est un produit très précieux, de très grande qualité, qui permet de contacter l’esprit du taureau/bovin, esprit très puissant, qui peut apporter un bon soutien en cérémonie (il aide à luter contre le froid et la frilosité en général, en plus d’aider à la digestion des graisses au quotidien).
Attention, ce sont des plantes/médecines avec lesquelles je m’entends bien à la base et avec lesquelles j’ai tissé un lien à force d’en consommer (le Yogi Tea pour la réglisse !). Mais, par exemple pour la réglisse, il a fallu que je passe un long moment sans y toucher, parce que j’en avais justement abusé, à force de boire du Yogi Tea à tout bout de champ. En principe, c’est une plante à réserver aux personnes très affaiblies, très malades (grosse bronchite, pneumonie…). Il a fallu que je l’évite pendant un moment, que je fasse « amende honorable », avant de pouvoir travailler avec elle en cérémonie. Si, contrairement à moi, vous avez tendance à faire de l’hypertension, la réglisse vous est complètement contre-indiquée et vous auriez plutôt intérêt à essayer de travailler avec des plantes hypotensives, comme l’ail des ours, la marjolaine, l’ortie ou l’aubépine !
En fonction de notre état de santé, de notre constitution, de notre tempérament, même de notre sexe, de notre âge…., telle plante pourra nous convenir à nous, et pas au voisin !
On peut aussi travailler avec les plantes à travers les huiles essentielles. Par exemple, l’esprit de la lavande offre un excellent réconfort quand on a à faire face à beaucoup de tristesse. Ca peut être utile d’en avoir un flacon à disposition sur l’autel, au cas où.
Le travail qu’on fait en cérémonie est en effet souvent loin d’être fun. Quand on prend conscience de ce que le nucléaire fait à la planète, quand on dialogue avec l’esprit d’un enfant avorté de notre famille, on est susceptible de passer de longs moments à pleurer (très bon signe par ailleurs, très cathartique, très « nettoyant », signe que de l’énergie est libérée, qu’elle circule à nouveau au lieu de stagner, que le cœur s’ouvre, mais quand même dur à vivre). La lavande peut aider à « calmer le jeu », pour nous aider à continuer le travail malgré la tristesse, elle est susceptible de m’aider à ne pas restée coincée en mode « chute du Niagara » et elle peut aussi apporter réconfort aux esprits errants/perdus affligés.
Ceci dit, le simple fait de visualiser et d’invoquer les champs de lavande de Provence peut aussi être efficace !
Quelques références : « Le guide complet de la phytothérapie » d’Anne McIntyre, « Traité pratique de phytothérapie » de JM Morel, « L’aromathérapie exactement » de Franchomme et Pénoël, wikiphyto.org, examine.com, Aroma Zone.

Psilo, plan de vol & dosages : en cas d’utilisation de psilo, il semble préférable de les préparer au travail qu’on souhaite faire avec eux et trouver la « bonne » dose, la dose qui va permettre d’atteindre un niveau de conscience modifié relativement intense, mais une dose suffisamment modérée pour qu’on puisse tenir debout.
Maria Sabina, la guérisseuse Mazatec qui travaillait avec les psilo et qui a été rendue célèbre par les Wasson dans les années 1950, avait l’habitude de « smudger » les champignons avant de les consommer ou de les donner à consommer à ses consultants (voir le documentaire sur Maria Sabina , à partir de la 27ème minute). Quand elle sentait les champignons commencer à travailler en elle, elle leur parlait, elle leur demandait bénédiction, elle leur demandait de leur montrer la vérité, la guérison (28’30)…
« Etre actif » comme le recommande Claude Traks devrait aller jusque là : « informer » les champignons ou les sclérotes/truffes de notre intention, les considérer comme des enseignants ou des collègues de travail. Si vous allez voir un professeur, suffit-il de frapper à sa porte pour qu’il vous enseigne tout ce qu’il sait ? Et si vous avez à débarder du bois avec un cheval de trait, le laissez-vous libre de courir dans le bois ? Un cheval qui a l’habitude de débarder du bois peut faire beaucoup de choses sans qu’on le lui demande, par contre un cheval qui aurait passé des années à travailler dans un club équestre, va-t-il spontanément savoir quoi faire et où aller ?
Les sclérotes cultivées aux Pays-Bas sont susceptible d’avoir été cultivées par des personnes qui n’en font qu’un usage récréatif et qui les cultive dans ce but, avec cette intention : le fun, la fête, la teuf.
Si l’on souhaite faire un travail chamanique avec ces sclérotes cultivées « pour la fête », il est possible qu’il soit nécessaire de les informer de leur mission : non pas faire la teuf, mais « travailler » avec nous à faire ceci cela. Sans cela, il est possible que l’effet escompté ne soit pas pleinement au rendez-vous.
Quelqu’un qui ramasse des psilo dans la nature (ou qui les cultive) avec l’intention de les consommer à des fins chamaniques n’aura peut-être pas besoin de faire ce travail d’information, parce qu’il porte son intention tout au long de la cueillette (ou de la pousse), les champignons pourront en être tout « infusés ».
En matière de dosage, une dose massive aura forcément tendance à rendre n’importe quel psychonaute expérimenté incapable de se tenir debout. Ceci dit, si l’on est incapable de rester debout une heure après l’ingestion des psychédéliques, on pourra peut-être se lever une heure ou deux plus tard, après la ou les plus fortes « montées », et il sera alors peut-être possible de travailler debout pendant une heure ou deux.
Il s’agit de trouver le juste milieu entre le tout ou rien, entre la dose massive et le microdosing.
Si l’on souhaite expérimenter en la matière, il vaut bien sûr mieux partir des doses les plus faibles, et progresser éventuellement jusqu’à trouver ce qui convient le mieux.
Le dosage des truffes/sclérotes psilocybe est différent du dosage des champignons. Il semble possible de faire un travail très honorable avec des truffes, à condition qu’elles soient suffisamment dosées. Si elles sont achetées sur les sites des smartshops néerlandais, elles peuvent avoir tendance à perdre en puissance assez vite au fil des semaines (même conservées au frigo), ainsi que lorsqu’elles sont séchées.
L’effet qu’on obtient avec 500mg de psilocybe semilanceata séchés pourra être atteint avec environ 2-3g de sclérotes mexicana fraîches, mais tout dosage reste dépendant de la puissance du « lot », du temps qui s’est écoulé entre le moment où la truffe a été récoltée et celui ou elle est consommée, de la variété…
Chez les femmes, les effets des psychédéliques sont susceptibles de varier aussi avec le moment du cycle menstruel, ainsi qu’avec l’entrée en péri/ménopause. Cela est dû aux variations des taux d’œstrogènes qui peuvent affecter les récepteurs à la sérotonine. Un taux d’œstrogènes qui chute par rapport à notre « moyenne » peut affecter négativement les récepteurs à la sérotonine et donc diminuer les effets des psychédéliques (ref. : https://psychedelicreview.com/female-hormones-5-ht2a-receptors-and-psychedelics/).
L’effet d’une dose peut aussi dépendre de la fréquence à laquelle sont consommés les psychédéliques. Il existe un phénomène d’accoutumance (différent du phénomène d’addiction) qui rend une dose inefficace si elle est prise trop souvent. Une microdose (sans effet psychédélique) sera efficace si elle est consommée au plus souvent environ tous les 3-4 jours. Une dose relativement forte qui permet de travailler en cérémonie est susceptible d’être efficace si elle est consommée au plus souvent toutes les 2-3 semaines, maximum. La même dose, prise trop souvent, peut vite devenir complètement inefficace.
Et ce phénomène d’accoutumance, est susceptible de dépendre de notre métabolisme, de notre génétique…
Le niveau de maîtrise que l’on peut atteindre avec les psychédéliques dépend donc de nombreux facteurs : de la dose, du niveau d’expérience, de la puissance de la substance, de l’état de santé, du set & setting…

Appeler un guide, notre « déesse » intérieure : Claude Traks explique que pendant une cérémonie, quand on demande guidance, on peut appeler notre « Déesse intérieure », et que « une partie de nous est la Déesse ».
Je pense que c’est particulièrement important, à ce moment-là, d’utiliser le terme de « Déesse » en tant qu’équivalent du mot « Vie ». Pour moi, la « Déesse », celle que j’appelle la « Goddesa » (le mot « Goddess » ne sonne pas assez féminin à mon goût), c’est la Vie. On pourrait l’appeler Chi ou Prana ou Kundalini, je ne sais pas trop, on peut lui donner le nom de « Conscience », personnellement je trouve le terme de « Vie » plus parlant, plus… Vivant !
Et il se trouve que je suis en vie, je suis porteuse de la Vie, et donc je suis une partie de la Vie, une de ses cellules, et elle peut parler à travers moi et utiliser ma voix pour s’exprimer si ça lui chante, vu que c’est un être sacrément puissant âgé de plusieurs milliards d’années et qui a généré des milliards de mondes.
Je ne suis qu’une petite crotte de nez comparé à elle, et en même temps, je suis une de ses innombrables facettes, comme vous, et elle m’aime suffisamment pour me laisser « user » d’elle, si l’on peut dire.
Je pense que c’est particulièrement face à ce type de phénomène que beaucoup de gens sont susceptible de dérailler, de partir en sucette.
D’où l’importance de la demande de protection !
Personnellement, j’écris des fictions depuis que je suis adolescente. Je suis habituée à ce que des « personnages » « parlent » à travers moi (à travers mon écriture). Ça fait longtemps que je suis habituée à observer ce phénomène sans m’y attacher, sans le monter en épingles. Les personnages sont une part de moi mais ils ne sont pas moi. Ce sont des personnages, des êtres fictifs, moi je suis « réelle » : une place pour chaque chose et chaque chose à sa place.
J’ai aussi des pratiques méditatives depuis des années, ce qui m’a habituée à observer ce qui se passe, à m’en distancier au besoin (ça peut être une technique de gestion du stress très utile).
Quand on commence à avoir un peu de « pratique », qu’on se décide à faire appel à un guide, que ce guide « débarque » pour ainsi dire à travers nous et prends les manettes (en toute bienveillance) et qu’on se met à parler avec un gros accent germano-scandinave et parfois même à prononcer des mots dans une langue qu’on n’a jamais appris, ça peut être quelque peu effrayant.
Quand on se met à parler au nom de la Vie, qu’on se met à dire des choses sans qu’on sache d’où ça sorte, comme si les mots coulaient d’ailleurs, à travers nous, sans qu’on sache comment, ça peut être quelque peu effrayant.
C’est là qu’il s’agit de garder la place du méditant, qui observe sans juger et qui laisse les choses advenir, tant que ça semble pouvoir être bénéfique.
On peut demander son nom à notre guide, il peut être une part de nous, en même temps que plus « grand » que nous : tantôt « guide » qui pourrait être comme la voix d’une ancêtre chamane qui avait l’habitude de tenir des cérémonies il y a plusieurs siècles ou millénaires, tantôt ce guide pourra sembler être encore plus que cela : la Vie elle-même parlant à travers nous.
Je pense que cela demande beaucoup d’humilité d’être capable de laisser advenir cela, sans chercher à se l’approprier, comme le lit vaseux de la rivière laisse couler l’eau pure en lui, et cela demande beaucoup de souplesse et de force d’esprit de savoir « en revenir entier » : simple être humain, juste un peu plus « allumé » que la moyenne.

Conclusion : il n’y en a pas, tout comme je ne « ferme » pas mes cérémonies.
Elles sont toutes comme une contraction pendant un accouchement.
Une sage-femme ne demande pas à une femme enceinte d’arrêter d’avoir des contractions, même si la sage-femme est fatiguée, même si elle aurait bien besoin d’une pause, elle n’est satisfaite que lorsque le bébé est sain et sauf et braillant sur le sein de sa mère.
Vu l’état du monde, vu que les Premiers Ministres continuent à partir en vacances à Hawaï pendant que leur pays brûle (Australie), clairement, on a besoin de continuer le travail.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s